Le gouvernement a annoncé le doublement du fonds d’aide pour les pertes économiques liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), à 22 M€. Sur le plan sanitaire, la situation est stable en France, tandis qu’un foyer a été détecté en Espagne, en zone vaccinée.
Le fonds d’aide de 11 millions d’euros (M€) pour les éleveurs subissant les conséquences économiques de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), annoncé le 16 décembre par le Premier ministre, sera doublé, à 22 M€, a indiqué Annie Genevard le 9 janvier. Une mesure incluse dans les nombreuses annonces visant à tenter de calmer la colère agricole. Ces aides seront destinées aux « acteurs touchés économiquement par le blocage des bovins », a-t-elle précisé en conférence de presse. Un soutien réclamé depuis des mois par la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA).
Les contours de cette aide restent toutefois flous. Lors de la première annonce de ce fonds en décembre, Sébastien Lecornu avait déclaré qu’il s’adresserait aux « petits élevages ». Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture n’a pas cité ce critère de taille, mais a évoqué les exploitations « les plus en difficulté ». L’enveloppe « sera gérée par les préfets, dans la continuité de la première, et davantage fléchée vers les veaux bloqués », croit savoir le média Contexte le 15 janvier, sans plus de précisions. De son côté, questionné le 14 janvier, le président de Chambres d’agriculture France Sébastien Windsor s’est montré satisfait : « Est-ce suffisant ? Dans l’état actuel, oui. Cela permet d’indemniser les animaux et les pertes indirectes ».
Étude flash sur l'engraissement en France
Par ailleurs, « nous serons dans moins de dix jours en Italie pour négocier des laissez-passer » pour les exportations de bovins vivants, a ajouté Annie Genevard. Ce déplacement associant Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce extérieur, est prévu le 20 janvier. Les exportations d’animaux vaccinés contre la DNC sont fortement restreintes vers l’Italie et encore interdites vers l’Espagne, les deux premiers débouchés des broutards français. « La crise nous montre aussi que nous sommes démunis lorsque le pays d’export nous ferme ses portes », a estimé la ministre, qui a annoncé le lancement d’« une étude flash pour que la France dispose des outils industriels d’engraissement suffisants si jamais l’export faiblit ».
Sur le plan sanitaire, la situation est stable en France, avec 117 foyers, le dernier datant du 31 décembre. Selon le dernier bilan officiel au 14 janvier, 92,1 % des bovins étaient vaccinés dans les dix départements du Sud-Ouest visés par la campagne de vaccination élargie, soit presque 665 000 animaux sur un total de 750 000.
Un nouveau foyer en Catalogne espagnole
De l’autre côté des Pyrénées, les autorités espagnoles ont déclaré un foyer le 5 janvier à Capmany (Catalogne), à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Ce cas est situé dans une ancienne zone réglementée, tous les bovins du secteur étaient donc censés être vaccinés. Selon le journal français L’Indépendant (qui cite une agence de presse catalane), « l’agriculteur a eu du mal à rassembler toutes les vaches de son élevage extensif […] pour qu’elles soient toutes vaccinées ». « En conséquence, les 106 bovins de cette ferme vont devoir être abattus », poursuit le quotidien local.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il s’agit du 18e foyer en Espagne, et la quasi-totalité d’entre eux se trouvaient en Catalogne. Le dernier cas espagnol remontait au 17 octobre, d’après le bulletin hebdomadaire de la plateforme française ESA (Épidémiosurveillance en santé animale). « Le virus ne circulait donc plus et les restrictions avaient même été levées », rappelle L’Indépendant.
Les chambres misent sur la dématérialisation
En France, à l’occasion des vœux à la presse de Chambres d’agriculture France le 14 janvier, ses représentants nationaux ont soutenu la stratégie sanitaire du gouvernement contre la DNC, et proposé des pistes pour améliorer la gestion d’une éventuelle nouvelle crise. « La stratégie fonctionne », a répété le président de Chambres d’agriculture France, Sébastien Windsor. Pour mieux gérer la survenue d’une nouvelle épidémie, les élus des chambres d’agriculture ont proposé deux pistes : d’une part « un retour de l’engraissement au plus près du naissage pour limiter les mouvements » et pour limiter la dépendance de la France aux pays engraisseurs (Italie, Espagne) ; et, d’autre part, une accélération de la dématérialisation de l’identification des bovins.
« Cette crise a révélé le mauvais fonctionnement du système actuel, il faut pouvoir tracer, cela passe par la dématéralisation. » Selon l’interprofession bovine, l’État prévoyait, en décembre, que la dématérialisation de l’identification des bovins serait opérationnelle en 2028. Interbev pousse pour qu’elle soit opérationnelle dès 2027.
MR, YG