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Bovins/MHE : l'Italie rouvre ses frontières, 53 foyers en France

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Tous les broutards français pourront de nouveau être exportés en Italie, premier débouché, a annoncé le ministère de l'Agriculture. De ce côté des Alpes, la maladie hémorragique épizootique (MHE) s’étend et pourrait aller au-delà des Pyrénées.

« Les autorités sanitaires italiennes viennent de donner leur accord à une réouverture des importations de jeunes bovins destinés à l’engraissement (broutards) à partir de l’ensemble du territoire français », a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 12 octobre. Premier débouché des broutards français (870 000 animaux en 2022), l’Italie avait fermé ses frontières aux bovins issus de la zone réglementée de 150 km autour des foyers de MHE (maladie hémorragique épizootique). L’accord avec Rome « sera formalisé dans les prochains jours », précise la Rue de Varenne ; il prévoit notamment que les animaux « devront être désinsectisés et testés avant leur départ ». Cité dans le communiqué, le ministre de l’Agriculture a salué « un énorme soulagement pour nos filières d’élevage ». « Le sérieux des mesures de gestion et de surveillance mises en œuvre ainsi que l’excellence du dispositif de suivi sanitaire français ont largement contribué à ce résultat favorable », s’est-il félicité.

Le 3 octobre, Marc Fesneau avait annoncé la réouverture de l’Espagne, deuxième débouché avec 86 000 têtes. Alors que la MHE est présente de l'autre côté des Pyrénées, les envois d'animaux se feront « sans condition pour les zones espagnoles touchées », précisait le ministère dans un communiqué le 6 octobre. Quant à l’Algérie, la troisième destination (69 000 animaux en 2022), elle est encore fermée. « Reconnaissons que c’est plus complexe », avait admis M. Fesneau le 3 octobre, évoquant une réouverture « sans doute dans un temps un peu plus long ». Des discussions sont aussi en cours avec la Grèce.

Triplement des foyers en une semaine

Cinquante-trois foyers de la maladie hémorragique épizootique (MHE), qui affecte principalement les bovins, ont été recensés dans le sud-ouest de la France, selon le dernier bilan publié le 6 octobre par le ministère de l’Agriculture. Le 29 septembre, le ministère faisait état de 19 foyers de cette maladie, qui n’infecte pas les humains. En huit jours, le nombre de foyers a presque triplé. Les premiers cas en France ont été déclarés le 18 septembre. Au 5 octobre, la France dénombre des foyers de MHE dans les départements des Hautes-Pyrénées (30 foyers), des Pyrénées-Atlantiques (12 foyers), de Haute-Garonne (8 foyers), du Gers (2 foyers) et des Landes (1 foyer), a précisé le ministère à l’AFP. « La probabilité est assez grande que le nombre de foyers augmente et que la MHE se propage hors des départements pyrénéens, indique Stéphan Zientara, directeur du laboratoire de santé animale de l’Anses, à Agra Presse. Nous avons un automne doux, et plus il fait chaud, plus il y a de risque que l’infection s’étende. »

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Par ailleurs, « un cas d’infection de cerf à la MHE a été décelé dans les Hautes-Pyrénées ». « L’animal se trouvait à proximité d’élevages bovins ayant eux-mêmes déclaré la maladie », selon le communiqué du ministère. Comme le rappelle M. Zientara, la MHE, isolée initialement chez les cervidés, provoque chez ces animaux une mortalité qui « dépasse les 90 % ». En revanche, « la MHE provoque très peu de mortalité sur les bovins, dans moins de 1 % des cas ».

Une zone réglementée, d’un rayon de 150 kilomètres autour des élevages infectés par le virus, a été mis en place le 25 septembre, assortie d’une interdiction de sortie pour les animaux (sauf après test PCR), avec toutefois plusieurs exceptions comme un trajet vers l’abattoir. La détection des nouveaux foyers a conduit les autorités « à étendre la liste des départements touchés par la zone réglementée », étendue à une partie de trois nouveaux départements (Aveyron, Dordogne, Hérault).

Une « probabilité assez grande » que la MHE sorte des Pyrénées, selon l’Anses