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Risques BPA: nouvelles études de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments

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Un groupe de travail de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a commencé à réévaluer les dangers du bisphénol A (BPA), matériau entrant en contact avec les aliments, en examinant les données toxicologiques publiées depuis décembre 2012.

Le groupe d'experts de l'EFSA sur les matériaux, enzymes et auxiliaires technologiques en contact avec les aliments (CEP) a été chargé de réévaluer les dangers potentiels du BPA utilisé dans les matériaux destinés à entrer en contact avec les aliments et de revoir le niveau de sécurité temporaire fixé dans l'évaluation complète des risques de 2015 de l'EFSA. Cette dernière avait conclu que le risque sanitaire lié à cette substance chimique utilisée dans les revêtements des emballages alimentaires était faible tout en ayant dans le même temps décidé de réduire par plus de 10 l’apport journalier tolérable pour le fixer temporairement à 4 microgrammes par kg de poids corporel afin, disent ses experts, « de tenir compte des incertitudes liées à une série d’éléments comme les effets possibles du BPA à faibles doses sur les glandes mammaires, sur la reproduction, sur le système neurologique, sur le système immunitaire ou encore le système métabolique ». L’EFSA affirme qu’elle reste en contact étroit avec l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), laquelle en juin 2017 avait classé le BPA sur la liste des « substances extrêmement préoccupantes » au titre du règlement dit « REACH » (1), en raison de ses propriétés de perturbateur endocrinien. Les nombreuses études et données nouvelles qui ont été publiées sur le BPA depuis 2013 – et qui n’ont pas fait l’objet d’une évaluation préalable par l’EFSA – seront donc évaluées, parmi lesquelles, en particulier, celle qui concerne le projet « Clarity-BPA », mené aux États-Unis (2). Dans un premier temps, les experts de l’EFSA testeront la nouvelle méthodologie développée par l'Autorité européenne pour évaluer les preuves de la toxicité du BPA sur une sélection représentative d'études clés issues d'évaluations précédentes et publieront leurs résultats.

Pour procéder à ses travaux de réévaluation, l’EFSA a lancé un « appel à données pour l’évaluation des dangers associés au BPA », appel dont le délai a été récemment prolongé jusqu’au 15 octobre 2018. Toutes les études et données pertinentes disponibles sur le BPA et publiées depuis le 31 décembre 2012 peuvent être soumises à l'EFSA en vue d'une éventuelle inclusion dans la prochaine réévaluation de la sécurité du BPA. Un rapport sur les tests de protocole appliqués aux études clés réalisées avant 2013 sera rendu fin 2018-début 2019 et les travaux sur la réévaluation de la toxicité du BPA devraient être achevés dans le courant de l’année 2020.

protéger la santé humaine et l'environnement contre les risques liés aux substances chimiques, tout en favorisant la compétitivité de l'industrie chimique de l'UE. Il s’applique en principe à toutes les substances chimiques et impute la charge de la preuve aux entreprises, lesquelles doivent montrer à l'ECHA (Agence européenne des produits chimiques) comment la substance chimique utilisée dans leurs produits peut être utilisée en toute sécurité et communiquer les mesures de gestion des risques aux utilisateurs.

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(2) Une étude de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, publiée en mars 2018, avait suscité une certaine controverse en suggérant que le BPA n’aurait « que des effets indésirables minimes ». Cette étude de base sur les rongeurs fait partie du programme de recherche du consortium « Linking Academic and Regulatory Insights on BPA Toxicity ».

Mises à jour

En juillet 2017, l'EFSA a reçu un mandat de la Commission européenne pour mettre à jour ses avis scientifiques de 2005 portant sur l'évaluation de la sécurité de trois phtalates : le phtalate de dibutyle (DBP), le phtalate de benzyle et de butyle (BBP) et le phtalate de bis (2-éthylhexyle) (DEHP), actuellement autorisés dans des matériaux plastiques en contact avec les aliments. Ce mandat fait suite à la publication en mars 2017 d'un avis sur le DBP, le BBP, le DEHP et le di-isobutylphtalate (DIBP) par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui devrait aboutir bientôt à une proposition d'amendement de l'annexe XVII du règlement « REACH ».