Le président brésilien Jair Bolsonaro a pris une mesure polémique dès le premier jour de son mandat en plaçant sous la tutelle du ministère de l’agriculture la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones, par une ordonnance publiée le 1er janvier au soir. Le ministère aura sous sa responsabilité « la réforme agraire, la régularisation de la propriété dans les zones rurales […] et les terres indigènes », indique l’ordonnance publiée au Journal officiel. Auparavant, l’attribution de ces territoires réservés aux peuples autochtones était régulée par la Fondation de l’Indien (Funai), organisme public chapeauté jusqu’à présent par le ministère de la justice.
Au profit de l’agrobusiness
Jair Bolsonaro, investi en grande pompe le 1er janvier, a confié le portefeuille de l’agriculture à Tereza Cristina da Costa, leader du groupe parlementaire « ruraliste », qui défend les intérêts de l’agrobusiness, soutien important du président lors de sa campagne (1).
Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l’appétit de l’agrobusiness.
Le nouveau président brésilien avait également l’intention de fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement (2), mais a fait machine arrière en raison du tollé provoqué par cette perspective. « Dès la campagne, nous avons toujours eu l’idée de placer tout ce qui tourne autour de l’agrobusiness, qui aujourd’hui porte à bout de bras l’économie brésilienne, sous le giron du ministère de l’agriculture », a confirmé le 2 janvier à des journalistes Onyx Lorenzoni, chef du gouvernement Bolsonaro. « L’environnement aurait aussi dû y être réuni (sous tutelle de l’agriculture). Nous n’avons pas pu faire certaines choses, mais, avec le temps, tout finit par fonctionner ».
(1) Voir n° 3667 du 12/11/18
(2) Voir n° 3666 du 05/11/18