Le président brésilien élu Jair Bolsonaro a annoncé le 8 novembre sur Twitter la nomination au poste de ministre de l’agriculture de Tereza Cristina, 64 ans, juriste mais aussi agronome de formation, originaire de l’État agricole du Mato Grosso do Sul et ardente avocate du secteur de l’agrobusiness. Il avait laissé entendre le 1er novembre qu’il pourrait revenir sur l’idée controversée de fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement, son deuxième rétropédalage sur le sujet en une semaine (1). « Il y avait une idée de fusion, mais il semble qu’elle sera modifiée. Tout porte à croire que ce seront deux ministères distincts », a-t-il dit, ajoutant : « Le Brésil est le pays qui protège le mieux l’environnement. Nous avons l’intention de protéger l’environnement, mais sans que cela entrave le progrès ».
Le puissant lobby national de l’agrobusiness a lui-même manifesté son inquiétude face à une telle fusion, craignant des sanctions commerciales sur les produits agricoles brésiliens de la part de pays inquiets de la préservation de l’environnement. Tereza Cristina sera la seconde femme à occuper le poste de ministre de l’agriculture, après Katia Abreu en 2015-2016.
Les États-Unis plutôt que le Mercosur
Par ailleurs, l’ultra-libéral Paulo Guedes, dont la nomination comme « super-ministre » de l’économie était déjà acquise, aura en charge les finances, le plan, l’industrie, et aussi le commerce extérieur.
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Jair Bolsonaro compte effectuer ses premiers déplacements à l’étranger au Chili, aux États-Unis et à Israel et non, comme le voulait la tradition, à l’Argentine, membre d’un Mercosur qui ne fait pas partie de ses priorités (2). En revanche, il devrait largement ouvrir les bras aux États-Unis, dont le président, Donald Trump, a souhaité un rapprochement « commercial et militaire » avec Brasilia.
Le président brésilien élu a affirmé par ailleurs le 6 novembre que le transfert polémique de l’ambassade de son pays en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, qu’il avait confirmé la semaine précédente son intention de mener à bien, « n’était pas encore décidé ». En cas de transfert, le Brésil s’exposerait à des sanctions commerciales pouvant notamment frapper ses importantes exportations de viande halal vers le monde arabe.
(1) et (2) Voir n° 3666 du 05/11/18