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INVESTISSEMENT/TRAITEUR Bretzel Burgard en quête de croissance externe

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Bretzel Burgard a ouvert son capital à Unigrains et Alsace Capital en vue de financer une acquisition. L'entreprise, qui a doublé sa surface cette année, change de nom. « Bretzel » disparaît, et avec, une identité peut-être trop régionale pour accompagner son développement hors des frontières alsaciennes.

Le traiteur alsacien Bretzel Burgard, qui fête ses 80 ans cette année, prépare sereinement ses futurs développements. Ouverture du capital en vue d'une opération de croissance externe, investissement de 3 millions d'euros sur le site de Hoerdt (67) et changement de nom – la société s'appellera désormais Burgard – doivent alimenter les développements futurs.

Unigrains et Alsace Capital ont pris respectivement 30 % et 10 % du capital avant l'été. La levée de fonds, dont le montant n'est pas communiqué, a pour objet de financer une opération de croissance externe. « Nous étudions des dossiers en France, dans le salé et dans le sucré, où nous ne sommes pas présents », explique Emmanuel Goetz, p.-d.g.

QUINZE ANS DE MUTATIONS

Le dirigeant de 45 ans a fortement développé l'activité depuis qu'il l'a reprise avec son épouse Nathalie en 2011.

Le chiffre d'affaires est passé ainsi de 5 millions d'euros alors à 17,7 millions d'euros en 2014. L'effectif a quasiment doublé à 190. Dans le même temps, la répartition des ventes a totalement changé, tant en termes de canaux de distribution que de gammes. Ainsi, les boutiques, qui contribuaient pour deux tiers au chiffre d'affaires, n'en représentent plus que 30 %, et, en ce qui concerne les produits, les offres dérivées du bretzel pèsent désormais 40 % des ventes, contre deux tiers initialement. Le premier marché de Bretzel Burgard aujourd'hui, c'est l'apéritif surgelé, qui constitue deux tiers des volumes vendus. « Nous avons développé des burgers, bagels ou hot-dogs miniatures qui ont connu un développement national », explique Emmanuel Goetz. Et la diversification continue. L'entreprise, qui a porté sa surface de 4 000 à 8 000 m2 en 2014/2015, vient d'installer une ligne de production de canapés. Trois millions d'euros ont été investis pour l'aménagement des bâtiments (qui existaient déjà) et les équipements.

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S'ADAPTER AUX NOUVEAUX MARCHÉS

Conséquence de ces évolutions, la société s'appellera désormais Burgard. « C'est difficile de vendre des burgers en Allemagne quand vous vous appelez Bretzel Burgard », sourit le dirigeant. Les boutiques (quatorze succursales), désormais concentrées en Alsace, conservent cependant leur nom historique. Depuis le début de l'année, la société a mis en place une équipe de trois personnes (un commercial, un assistant et un chef de projet R&D) pour développer l'export, avec un objectif de 10 % des ventes à l'étranger d'ici à cinq ans. « Nous avons désormais un ou deux clients dans de nombreux pays limitrophes, ce qui va nous permettre de nous adapter aux différents marchés », se réjouit Emmanuel Goetz.

ACCOMPAGNER LE DÉVELOPPEMENT

Pour 2016, ce dernier vise 19 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Nous prévoyons ensuite une croissance de 1 million d'euros par an pendant cinq ans, indique-t-il. Nous voulons maîtriser notre développement, ne serait-ce que parce qu'il nous faut une main d'œuvre formée pour nos productions, dont certaines restent très manuelles. » La société compte 8 % d'apprentis parmi ses effectifs. « Personne ne va former nos salariés à notre place. Sur le site de production, deux jeunes sur trois restent dans l'entreprise à l'issue de leur apprentissage. Dans les boutiques, la concurrence est plus forte », constate le dirigeant, qui apprécie de pouvoir évaluer les jeunes avant une embauche ferme.