Plusieurs pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), inquiets des conséquences du Brexit sur les échanges commerciaux, ont demandé à l’UE et au Royaume-Uni de prendre des mesures pour assurer un meilleur accès à leurs marchés et pour compenser les perturbations commerciales actuelles et à venir, lors d’une réunion du Conseil du commerce des marchandises le 14 novembre. Quinze pays, dont les États-Unis, l’Inde, l’Australie et le Canada, ont une nouvelle fois exprimé leur inquiétude au sujet de la gestion des quotas d’importation tarifaires appliqués après la sortie du Royaume-Uni de l’UE (1). Ils craignent que les quotas de l’UE soient remplis par les importations britanniques et ceux du Royaume-Uni par celles de l’UE. La Nouvelle-Zélande a demandé à Londres et à Bruxelles la création de quotas réservés explicitement à des partenaires de l’OMC autres afin de conserver le même niveau d’accès dont ils bénéficient actuellement, voire d’élargir substantiellement ces quotas pour prendre en compte les échanges bilatéraux entre l’UE et le Royaume-Uni. L’Australie, de son côté, a indiqué que ses exportations agricoles vers l’UE ont déjà subi des interruptions importantes en raison des incertitudes entourant l’avenir de ce système après le Brexit.
Par ailleurs, une vingtaine de pays (dont les États-Unis, le Brésil, l’Argentine et le Canada) ont de nouveau mis en cause lors de cette réunion, la politique phytosanitaire de l’UE. « Nous exhortons l’UE à mettre en place un processus de tolérance à l’importation en matière de résidus de pesticides transparent, prévisible et commercialement viable pour les produits phytopharmaceutiques qui n’ont pas été ré-approuvés, comprenant une évaluation des risques, en tenant compte des techniques d’évaluation des risques élaborées par les organisations internationales compétentes », écrivent-ils dans une déclaration commune.
(1) Voir n° 3668 du 19/11/2018
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(2) Voir n° 3716 du 11/11/2019
OMC : les économies émergentes veulent sortir l’OMC de la crise
Alors que l’Organisation mondiale du commerce est en pleine crise sur fond de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine (2), les dirigeants des puissances économiques émergentes (Brics) – Brésil, Chine, Inde, Russie et Afrique du Sud –, réunis le 14 novembre à Brasilia, ont affirmé leur détermination à « surmonter les défis posés au multilatéralisme », qui doit être « renforcé et réformé » pour être « plus ouvert ». La réforme de l’OMC sera le principal dossier à l’ordre du jour de la douzième Conférence ministérielle qui aura lieu au Kazakhstan du 8 au 11 juin 2020. L’Organe de règlement des différends de l’Organisation mondiale du Commerce se réunissait le 22 novembre pour la dernière fois avant que son organe d’appel ne soit totalement paralysé faute d’un nombre suffisant de juges. Une centaine de pays devait demander, une nouvelle fois, la nomination de ces juges que les États-Unis bloquent depuis des mois estimant que le processus de règlement des différends doit être réformé.