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Brexit : le favori pour la succession de Theresa May brandit la menace budgétaire

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L’accord de divorce conclu en novembre dernier par l’UE et le Royaume-Uni ne « sera pas renégocié », quel que soit le prochain premier ministre britannique, a insisté le 11 juin le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, alors que plusieurs des prétendants à la succession de Theresa May, qui a démissionné le 7 juin du poste de chef du Parti conservateur, affirment vouloir rouvrir les pourparlers avec Bruxelles. Parmi eux, Boris Johnson, qui part favori, a averti que « nous quitterons l’Union le 31 octobre, accord ou pas ». Et prévenu que, s’il devenait premier ministre, il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit (le solde de tout compte, soit entre 40 et 45 milliards € selon le gouvernement britannique) jusqu’à ce que l’UE accepte de meilleures conditions de retrait. Selon lui, « dans un bon accord, l’argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant ».

Rejeté à trois reprises par la Chambre des communes, l’accord de novembre prévoit que le Royaume-Uni honore ses engagements budgétaires vis-à-vis de l’Union jusqu’à fin 2020, échéance du cadre financier pluriannuel en cours (2014-2020). Le respect de ces engagements en cas de sortie de l’UE sans accord est une des « conditions préalables » à l’ouverture de négociations sur la future relation commerciale entre les Vingt-sept et le Royaume-Uni, a rappelé le 12 juin la Commission.

Un trou de 12 milliards € pour l’exercice 2020

Le projet de budget 2020 de l’UE établi par la Commission européenne pour 2020 consacre à la Pac près de 35 % (58,241 milliards €) de l’enveloppe totale de 168,3 Mrd €. Mais il faudra rectifier le tir dans le cas d’un Brexit sans accord qui entraînerait un trou de 12 Mrd €, a averti le commissaire chargé du dossier, Günther Oettinger (1) Un trou qui, estime-t-il, devrait être comblé selon la « formule » qu’il a proposée pour le cadre financier 2021-2027 de l’Union à 27 : moitié d’économies sur les programmes, moitié d’augmentation des contributions nationales.

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Le commissaire européen a souligné l’existence d’un avis juridique assurant que Londres avait l’obligation de respecter ses engagements, « même si, bien sûr, il n’y aurait pas de tribunal qui pourrait faire exécuter cette décision ».

(1) Voir n° 3696 du 10/06/19

Donald Trump : « Je connais Boris, je l’aime bien »

Dans des entretiens avec la presse britannique à l’occasion de sa visite d’État au Royaume-Uni début juin, Donald Trump a critiqué la manière dont Theresa May avait mené les négociations avec Bruxelles sur le retrait de l’UE, recommandé à son futur successeur de quitter l’Union sans accord et fait de l’ex-ministre des affaires étrangères Boris Johnson son champion pour la remplacer. « Je connais Boris, je l’aime bien. Je l’aime bien depuis longtemps. Je pense qu’il ferait un très bon travail », a déclaré le président américain, qui, au cours d’une conférence de presse à Londres, a également affirmé que « les États-Unis restent prêts à conclure un phénoménal accord » commercial avec le Royaume-Uni après le Brexit.