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Brexit : le livre blanc de Londres bien accueilli par la NFU avec quelques nuances

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À l’ordre du jour d’une réunion ministérielle des Vingt-sept le 20 juillet, de négociations à Bruxelles et de débats houleux au niveau national, le livre blanc sur les relations avec l’UE après le Brexit publié le 12 juillet par Londres, qui prévoit notamment la création d’une zone de libre-échange (1), a été bien accueilli, le même jour, par les présidents du syndicat agricole britannique National Farmers’ Union (NFU). Celui-ci a toujours plaidé pour le maintien de courants d’échanges « sans frictions » avec l’Union. Satisfaite également de l’intention du gouvernement de conserver, dans le cadre d’un accord avec Bruxelles, des normes élevées de production et de bien-être animal, la NFU juge toutefois « impératif » que la future politique commerciale « indépendante » du pays « ne cherche pas à affaiblir ces standards ». 

Par ailleurs, alors que Londres confirme son intention de « mettre fin » à la libre circulation des personnes, le syndicat britannique demande que soit « reconnue l’importance de la main-d’œuvre saisonnière et permanente venant de l’extérieur du Royaume-Uni qui aide les agriculteurs à continuer à produire des aliments pour la nation ». Il demande au gouvernement de poursuivre « une politique d’immigration fondée sur les faits et les besoins du secteur agricole. 

Contingents d’importation OMC et négociations commerciales 

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) soutiennent l’offre conjointe présentée par l’Union et le Royaume-Uni aux membres de l’OMC pour la répartition des contingents tarifaires d’importation après le Brexit (2). Elles soulignent que l’absorption totale par les Vingt-sept de toutes les quantités actuellement prévues au titre de ces contingents conduirait à d’importants déséquilibres sur le marché unique.

Le Copa-Cogeca juge aussi qu’il serait malvenu de négocier l’accès au marché de l’UE pour les secteurs sensibles, en particulier la viande ovine et le sucre, dans le cadre des pourparlers de libre-échange avec les pays tiers tant que le cadre de la future relation commerciale entre l’Union et le Royaume-Uni ne sera pas connu.

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(1) Voir n° 3653 du 16/07/18

(2) Voir n° 3651 du 02/07/18

Donald Trump s’en mêle

Le projet de Londres de conserver une relation économique étroite avec l’UE après le Brexit, et notamment d’établir une zone de libre-échange, « tuera probablement » la possibilité de conclure un accord commercial avec les États-Unis, a déclaré Donald Trump dans un entretien publié par le tabloïd britannique The Sun avant son arrivée le 12 juillet au Royaume-Uni pour une visite officielle. Si tel est le cas, « nous traiterons avec l'Union européenne », a-t-il précisé. 

La première ministre britannique Theresa May a révélé le 15 juillet la surprenante suggestion que lui avait faite le président américain pour réussir le Brexit : « Poursuivre l’UE. Ne pas aller dans les négociations, mais les poursuivre en justice ».