Les députés britanniques ont repris le 9 janvier l’examen de l’accord de retrait de l’UE négocié en novembre par Theresa May avec Bruxelles (1), en vue d’un vote prévu le 15 qui s’annonce très périlleux pour la première ministre. La veille, ils avaient infligé à celle-ci un sérieux revers en votant un amendement à une loi budgétaire qui limite la possibilité pour son gouvernement d’accepter un Brexit sans accord (« no deal »). L’amendement, déposé par des élus conservateurs et travaillistes, soumet l’engagement des dépenses liées à un « no deal » soit à un vote préalable du Parlement, soit à un report de la date du Brexit qui est fixée au 29 mars à minuit.
« Nous sommes convaincus que Theresa May demandera un report après le rejet de l’accord au parlement britannique, mais elle ne le dit pas, ni publiquement ni dans ses contacts avec les interlocuteurs européens », a commenté une source diplomatique à Bruxelles.
Un autre amendement voté le 9 janvier par la Chambre des communes oblige le gouvernement à présenter sous trois jours – contre 21 jours selon la législation actuelle – un plan alternatif sur le Brexit en cas de rejet par les députés du texte négocié avec Bruxelles.
« No deal » : l’Irlande demanderait une aide spéciale pour son secteur agricole
Le ministre irlandais de l’agriculture, Michael Creed, a déclaré le 3 janvier au quotidien Irish Independent qu’un retrait du Royaume-Uni sans accord amènerait Dublin à demander à l’UE des « centaines de millions » d’aide spéciale pour des secteurs comme la viande bovine, les produits laitiers ou la pêche qui sont les plus susceptibles d’être affectés par un tel « hard Brexit ».
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« On parle de sommes monumentales », a-t-il insisté, disant espérer que, si ce cas de figure se concrétise, l’Union approuve l’octroi de ces soutiens lors de la réunion d’avril à Luxembourg des ministres de l’agriculture des Vingt-sept.
(1) Voir n° 3668 du 19/11/18
Les États-Unis s’en mêlent
« Il ne semble pas que ce soit possible » de conclure un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni si les termes du retrait de l’UE négociés par Theresa May avec Bruxelles sont approuvés par la Chambre des communes, a déclaré le 31 décembre à BBC Radio 4 l’ambassadeur américain à Londres, Woody Johnson. Donald Trump a déjà jugé que le fruit des négociations entre Londres et l’UE était favorable à cette dernière, et il a laissé entendre que cet accord pourrait empêcher la signature d’un nouveau traité commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni, une menace brandie par les défenseurs du Brexit.
« (Le président américain) est impatient et espère qu’il sera possible pour les États-Unis de conclure un accord commercial bilatéral vraiment important et rapide, qui pourrait être le précurseur pour le Royaume-Uni de futurs accords commerciaux avec d’autres pays du monde », a également affirmé Woody Johnson.