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Alccols Brexit : le secteur des boissons alcooliques plaide pour un accord négocié

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Des représentants des associations professionnelles de spiritueux et de vins des deux côtés de la Manche ont rencontré le groupe de travail de Michel Barnier pour exhorter l'UE et le Royaume-Uni à parvenir à un règlement négocié qui préserve les flux commerciaux et évite les tarifs douaniers aux frontières ainsi que des coûts administratifs inutiles.

Des représentants de SpiritsEurope (lobby des spiritueux de l’UE), de la Scotch Whisky Association, du WSTA (lobby du commerce de vin et de spiritueux) et du CEEV (Comité européen des entreprises de vins) ont rencontré l’équipe de négociateurs de l’UE pour le Brexit – dirigée par le Français Michel Barnier – pour lui expliquer pourquoi il est dans l'intérêt de tous de maintenir les flux commerciaux des spiritueux et des vins entre les deux rives de la Manche lorsque le Royaume-Uni aura quitté le bateau européen. Ces représentants ont notamment insisté sur l'importance de parvenir à un règlement négocié assorti d’une période de mise en œuvre raisonnable et un nouvel accord de libre-échange novateur. « Nous voulons tous une solution qui nous permette de continuer à faire des affaires après le Brexit et de garantir que les consommateurs britanniques et européens pourront continuer à profiter de la gamme complète de nos produits", a notamment indiqué Ignacio Sanchez Recarte, le secrétaire général du CEEV.

De son côté, Ulrich Adam, le directeur général de SpiritsEurope, a insisté sur le cas particulier de l’Irlande en soulignant que « l’UE et le Royaume-Uni doivent clarifier cette question complexe au cours des négociations de la phase 2 actuelle des négociations ». Selon lui, «  l'industrie irlandaise du whisky et des spiritueux opère sur l'ensemble de l'île avec des chaînes d'approvisionnement transfrontalières sans faille. Il est d'une importance vitale que celles-ci soient protégées contre toute divergence de règles ou l'imposition de nouvelles exigences perturbatrices en matière d'accises ou de taxes ".

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Quant à la directrice générale de la Scotch Whisky Association, Karen Betts, elle a rappelé sa position concernant les accords de libre-échange (ALE) avec des pays tiers en soulignant que « près de 10 % des exportations mondiales de whisky écossais sont couvertes par les ALE existants de l'UE, évalués à plus de 400 millions de livres sterling par an ». La représentante écossaise a insisté pour que la période de transition prévue dans les négociations sur le Brexit soit véritablement un "statu quo" et qu’elle englobe l'ensemble du droit communautaire, y compris la politique commerciale de l'UE et les obligations juridiques internationales, ainsi que le maintien de ses ALE et de ses accords bilatéraux sur les spiritueux.

Le Royaume-Uni est le deuxième importateur mondial de vin, tant en volume qu'en valeur, et constitue un marché important pour les vins produits dans l'UE, tandis que l'UE représente un marché d'exportation important pour les spiritueux britanniques. Les vins et spiritueux échangés entre l'UE et le Royaume-Uni ne sont actuellement pas soumis à des droits de douane, et à moins que le Royaume-Uni ne reste dans l'union douanière, ou qu'un accord de libre-échange ne soit négocié entre l'UE et le Royaume-Uni, cet environnement exempt de droits de douane pourrait ne plus exister après le retrait britannique de l'Union.