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Brexit : Londres cherche une porte de sortie, Bruxelles s’impatiente

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Selon le président de la Commission européenne, l’accord sur un Brexit ordonné doit être approuvé avant le 12 avril si Londres veut retarder sa sortie de l’UE au 22 mai. La chaîne d’approvisionnement agroalimentaire européenne redoute toujours le scénario catastrophe du « no deal ».

Lors du sommet européen extraordinaire prévu le 10 avril, « nous écouterons la première ministre (britannique) nous exposer ses intentions et nous déciderons de la voie à suivre », a déclaré le président de la Commission de Bruxelles Jean-Claude Juncker le 3 avril devant le Parlement européen. La veille, à l’issue d’un conseil des ministres de crise de sept heures, Theresa May avait annoncé son intention de réclamer à ses homologues de l’UE un nouveau report du Brexit au-delà du 12 avril « qui soit aussi court que possible et qui prenne fin lorsque nous aurons adopté un accord ». Un report au-delà du 22 mai impliquerait que le Royaume-Uni prenne part aux élections européennes qui se tiendront du 23 au 26 mai, une éventualité que Londres veut éviter.
La première ministre s’est également tournée vers le leader de l’opposition Jeremy Corbyn pour tenter de sortir de l’impasse.
La Chambre des communes, qui avait rejeté une fois encore le 1er avril toutes les propositions de solutions qui lui étaient soumises en guise d’alternatives à l’accord conclu en novembre entre Theresa May et Bruxelles, a voté de justesse le 3 avril au soir (313 voix contre 312) une proposition de loi visant à repousser la date du Brexit pour éviter un « no deal ».

Le 12 avril « date ultime »

« Si le Royaume-Uni est en mesure d’approuver l’accord de retrait avec une majorité viable d’ici au 12 avril, alors l’Union européenne devrait, également dans ce cas, accepter une prorogation jusqu’au 22 mai », a souligné Jean-Claude Juncker devant les eurodéputés. « Le 12 avril est cependant la date ultime d’approbation possible, a-t-il poursuivi. Si la Chambre des communes ne s’est pas prononcée avant cette date, aucune prolongation supplémentaire de courte durée ne sera possible. Après le 12 avril, nous risquons de mettre en danger le bon déroulement des élections au Parlement européen et de menacer le bon fonctionnement de l’Union européenne. »

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La chaîne d’approvisionnement agroalimentaire redoute le « no deal »

« Nous sommes ouverts à tout un éventail d’options, allant d’un accord de libre-échange à des facilitations douanières, à une union douanière et jusqu’à un Espace économique européen », a également déclaré le président de la Commission européenne. « Pourtant je crois qu’un 'no deal' le 12 avril à minuit est devenu un scénario de plus en plus vraisemblable », a-t-il mis en garde.
Les organisations agricoles (Copa-Cogeca), l’industrie (FoodDrinkEurope) et le commerce agroalimentaires européens redoutent plus que jamais ce scénario catastrophe, et ont adressé le 28 mars une lettre conjointe à la Commission de Bruxelles pour lui demander de compléter l’éventail des mesures déjà prévues en cas de « hard Brexit » (1). Elles réclament, entre autres, la possibilité de mettre en place, de manière temporaire, des procédures simplifiées pour les produits agroalimentaires afin qu’ils puissent être dédouanés dans les locaux de l’opérateur, la reconnaissance mutuelle des certifications SPS (sécurité alimentaire et phytosanitaire) ainsi que l’élaboration d’un plan ad hoc pour soutenir certaines productions, notamment le secteur de l’élevage.

(1) Voir n° 3679 du 11/02/19