Après le rejet par la Chambre des communes de l’accord qu’elle avait négocié à Bruxelles, la première ministre britannique, politiquement affaiblie, est à la recherche d’une alternative pour éviter un Brexit brutal que redoute, notamment, le secteur agricole et agroalimentaire européen.
« Un Brexit sans accord serait extrêmement dommageable pour le secteur agroalimentaire du Royaume-Uni comme de l’UE et doit être évité à tout prix », avaient de nouveau mis en garde, dans un texte commun, les organisations européennes de ce secteur – Copa-Cogeca (agriculteurs), FoodDrinkEurope (industrie de transformation), Celcaa (commerce) – avant que le Parlement britannique ne rejette, le 15 janvier au soir, les modalités d’un retrait ordonné de l’UE négociées en novembre entre la première ministre Theresa May et Bruxelles (1). Parmi ces modalités, une période de transition jusqu’à la fin de 2020 qualifiée de « vitale pour les opérateurs et les autorités » par les trois organisations professionnelles. Selon elles, « la sortie de l’UE sans accord conduira inévitablement à d’importantes perturbations commerciales et une situation perdant-perdant ».
« Perdant-perdant »
Après avoir échappé la veille à une motion de censure lancée à son encontre par l’opposition travailliste, Theresa May a entamé le 17 janvier des consultations avec des parlementaires de tous les partis pour trouver, en théorie d’ici le 21 janvier, une alternative à l’accord avec Bruxelles rejeté par la Chambre des communes.
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Pour éviter une sortie brutale, sans accord et sans consensus politique sur un plan B, une option semblait émerger : un report du Brexit. Si tel était le cas, il faudrait un accord à l’unanimité des Vingt-sept.
Pour l’instant, la Commission européenne considère que la balle est dans le camp des Britanniques. Le 16 janvier, elle a redit qu’il n’y a pas de possibilité de rouvrir l’accord. Son négociateur en chef, Michel Barnier, a toutefois fait une timide ouverture en indiquant que « si le Royaume-Uni choisit de faire évoluer ses propres lignes rouges et fait le choix de plus d’ambition au-delà d’un simple accord de libre-échange, l’UE restera prête à répondre favorablement ».
(1) Voir n° 3675 du 14/01/19