Bruxelles et Londres vont discuter « en continu » pour parvenir avant la fin de l’année à un compromis sur les modalités du retrait du Royaume-Uni de l’UE le 29 mars 2019. Mais le gouvernement britannique, tout comme la Commission européenne, se prépare aussi à l’éventualité d’un Brexit sans accord.
Londres a publié le 23 août les 25 premières notes techniques, sur un total d’environ 80 prévues d’ici fin septembre, indiquant aux citoyens et aux milieux d’affaires la marche à suivre en cas d’absence d’accord avec l’UE pour organiser le Brexit qui est programmé le 29 mars 2019 (1). Ce scénario avait été aussi abordé par la Commission de Bruxelles dans une communication publiée le 19 juillet. « L’Union européenne met tout en œuvre pour parvenir à un accord sur un retrait ordonné et attend avec intérêt de pouvoir discuter d’un cadre pour les relations futures avec le Royaume-Uni », souligne ce document. « Toutefois, il n’est pas certain qu’un accord sera trouvé. Et même si c’était le cas, les relations du Royaume-Uni avec l’Union européenne ne seront plus celles qui caractérisent un État membre et la situation sera, de ce fait, fondamentalement différente ».
Le 21 août, à l’issue d’un entretien avec le ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a déclaré que les deux parties mèneraient désormais leurs pourparlers « en continu ». Pour être ratifié d’ici au 29 mars prochain, un accord politique doit être conclu « en octobre, peut-être début novembre, mais pas beaucoup plus tard », a-t-il estimé.
« Aucune intention de déployer l’armée »
Il n’y aura pas de risque de pénurie alimentaire après la sortie de l’Union, a voulu rassurer Dominic Raab lors d’un discours prononcé le 23 août à Londres. « Nous avons présenté des mesures pratiques pour atténuer tout risque de perturbation dans les approvisionnements », lesquels proviennent à 30 % de l’UE et à 20 % du reste du monde, l’autre moitié étant assurée au sein du Royaume-Uni, notamment « en reconnaissant les normes alimentaires européennes », a-t-il dit.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Laissez-moi donc vous rassurer, contrairement à ce qui est largement affirmé, vous continuerez à pouvoir savourer un BLT (sandwich bacon-salade-tomate) après le Brexit. Et nous n’avons aucune intention de déployer l’armée pour maintenir les approvisionnements en nourriture », a ajouté le ministre britannique.
(1) Voir n° 3655 du 30/07/18
« Pas la fin du monde »
La première ministre britannique Theresa May a appelé à ne pas exagérer les conséquences d’un retrait de l’UE sans accord avec Bruxelles, soulignant que son gouvernement « mettait en place les préparatifs nécessaires » pour qu’un tel scénario ne tourne pas à la catastrophe. « Regardez ce qu’a dit le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (Roberto Azevedo). Il a dit qu’(une sortie sans accord) ne serait certes pas une promenade de santé mais que ce ne serait pas la fin du monde non plus », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés le 28 août par la presse britannique.