La première ministre britannique Theresa May a annoncé le 21 janvier qu’elle allait retourner discuter avec Bruxelles pour sauver son accord sur le Brexit rejeté par les députés, auxquels elle n’a pas offert le plan alternatif qu’ils exigeaient. Son intention est de reparler avec l’Union européenne du « filet de sécurité » (« backstop ») censé éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande. Elle a réitéré son refus d’organiser un second référendum ou de repousser la date du Brexit, toujours fixée au 29 mars. Elle a par contre maintenu sur la table le scénario d’une sortie de l’Union sans accord (« no deal ») (1).
Union douanière
Le dispositif du « filet de sécurité », critiqué à Londres dans la majorité comme dans l’opposition, prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE, avec en sus, pour la province britannique d’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes. Il n’entrerait en vigueur qu’à défaut d’une autre solution – un accord de libre-échange par exemple – à l’issue d’une période de transition.
Alors que la première ministre britannique exclut de revenir sur la décision de quitter l’union douanière et le marché unique, Phil Hogan, le commissaire européen – irlandais – à l’agriculture estime, dans une tribune publiée le 19 janvier par The Irish Independent, que, si elle « revenait sur sa ligne rouge sur l’union douanière, la plupart des obstacles qui subsistent seraient balayés ». « La plupart des responsables politiques britanniques devraient abandonner leurs discours fantaisistes et commencer à parler le langage de la vérité », ajoute-t-il.
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Reporter la date de sortie ?
Pour le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, la « garantie du filet de sécurité » qui a été convenue avec le gouvernement britannique « est le meilleur accord possible à l’heure actuelle ». Plusieurs ministres européens des affaires étrangères, réunis le 21 janvier à Bruxelles, ont abondé dans le même sens.
Les propositions de Theresa May doivent être débattues le 29 janvier par les députés britanniques. Mais plusieurs d’entre eux ont prévu de tenter de court-circuiter le gouvernement en déposant des amendements pour éviter un « no deal » ou reporter la date de sortie.
(1) Voir n° 3676 21/01/19