À quatre jours du départ possible du Royaume-Uni de l’Union européenne, la Commission européenne a fourni quelques détails en particulier sur les droits et taxes qui pourraient s’appliquer aux exportations agroalimentaires de l’UE vers ce pays.
Face aux atermoiements du Royaume-Uni dans la saga du Brexit, le Conseil européen a, comme on le sait, appelé à poursuivre les travaux sur les mesures de préparation et d'urgence, à tous les niveaux, pour les conséquences de son retrait. Chaque commissaire, dans son propre domaine, a pris son bâton de pèlerin pour tenter de rassurer l’industrie et de l’aider à se préparer au cas où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord négocié.
Le 8 avril, c’est le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, qui s’y est attelé. Au cours de sa conférence de presse, le commissaire irlandais a notamment annoncé que la Commission a publié une série de mesures d'urgence spécifiques à certains produits agroalimentaires et adaptées aux États membres les plus exposés. Notons que c’est un peu grâce à la publication par le Royaume-Uni de son projet de grille tarifaire au cours des dernières semaines que la Commission a pu développer son projet de plan d'urgence. « Pour la première fois, nous obtenons des éclaircissements du Royaume-Uni sur l'incidence probable de l'application de contingents tarifaires à droits nuls et de l'imposition de tarifs sur une gamme limitée de produits », a notamment affirmé Phil Hogan. Toutefois, a-t-il reconnu, le barème tarifaire publié par Londres comprend des droits relativement élevés sur un certain nombre de produits d'origine animale, tels que le bœuf, la volaille, la viande porcine et le fromage, ainsi que des produits tels que le sucre et le riz. « Il est clair qu'un certain nombre d'États membres supporteront l'essentiel de ces tarifs proposés, en raison de leur exposition déjà sur le marché britannique pour ces produits », a admis le commissaire. Il a aussi précisé que l'une des difficultés rencontrées par la Commission est que les détails qui ont été fournis jusqu'à présent par le Royaume-Uni ne sont exposés que dans ce qui est essentiellement un document de réflexion. « Nous manquons encore de clarté et de détails sur la législation nécessaire pour voir comment ce régime fonctionnera dans la pratique », a-t-il affirmé. Toujours est-il que la Commission a mis à jour sa base de données sur l'accès aux marchés pour y inclure le Royaume-Uni en se fondant sur les informations figurant dans sa liste tarifaire mise à sa disposition par les autorités britanniques. Cette base de données fournit des informations sur les droits et taxes qui s'appliquent aux exportations vers des partenaires commerciaux tiers tels que les États-Unis ou la Chine. Outre l'impact évident des droits de douane, le commissaire irlandais a indiqué que la Commission discute également, avec les États membres, sur les difficultés qui peuvent résulter des retards logistiques, des formalités douanières, des contrôles sanitaires et phytosanitaires, etc. Il a aussi déclaré que du fait qu’une grande partie des denrées alimentaires exportées vers le Royaume-Uni sont des denrées fraîches et, par conséquent, périssables, on ne pourrait pas sous-évaluer la possibilité que ces produits soient pris dans de graves perturbations logistiques, en particulier au cours des premières semaines.
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L'UE à 27 et le Royaume-Uni sont des partenaires commerciaux très importants. L'UE à 27 bénéficie aujourd'hui d'un excédent de 25 milliards d'euros avec le Royaume-Uni en produits agroalimentaires, avec des exportations annuelles d'environ 41 milliards d'euros. Cet excédent est supérieur à l'excédent commercial global actuel de 21 milliards d'euros de l'UE à 28 avec le reste du monde.