Quatre mois à peine après l’acquisition du numéro 2 de la biscotte, Sopafi, le groupe Brioche Pasquier, n°1 de la viennoiserie, reprend la totalité du capital de la société Picard, également spécialisée dans la panification sèche avec la marque Auga. Pour le groupe coté au second marché, l’objectif est de renforcer le pôle « biscottes et pain braisé », qui atteindra désormais plus de 100 M EUR, afin d’assurer sa croissance, menacée par une activité viennoiserie en berne.
L’avenir est dans la biscotte. C’est du moins ce que semble considérer le groupe Brioche Pasquier qui vient de procéder, quatre mois après l’acquisition de la Sopafi cf. Agra alimentation n°1877 du 24 mars 2005, p. 27, à la reprise d’une autre société spécialisée comme son aînée dans la panification sèche, Picard SA. Autrefois dans le giron du groupe britannique Hillsdown Holdings, jusqu’en 1998, la société avait alors été reprise à 100 % par Epona, créée par Joël Picard et des investisseurs financiers. Aujourd’hui, l’entreprise, qui réalise un chiffre d’affaires de 47,7 M EUR, passe donc entièrement entre les mains de Brioche Pasquier. Le groupe hérite ainsi de trois sites de production, à Châteauroux, Andrézieux et Vigny – desquels sortent des pains grillés, braisés, suédois et des biscottes – et surtout d’une marque, Auga, qui représenterait 7 % du marché de la biscotte, selon Brioche Pasquier. Le prix de cession n’a pas été communiqué et il n’est pas donné de précision quant à l’avenir des 330 salariés que compte la société à l’heure actuelle.
La panification sèche, moteur du groupe
Brioche Pasquier poursuit donc la création d’un « pôle d’activité biscottes et pain braisé européen », estimé à environ 100 M EUR, sur la base de Sopafi et Brioche Pasquier Recondo Espagne, et pour lequel Picard fabriquait déjà des pains suédois. Le groupe, qui a réalisé en 2004 un CA de 514,4 M EUR, en progression de 3,5 %, compte ainsi renforcer l’activité moteur de sa croissance. L’an dernier, l’activité biscotte connaissait en effet une progression de 13,1 %, à 31,9 M EUR, quand la pâtisserie progressait quant à elle de 7,7 %, à 83,8 M EUR tandis que la croissance de la viennoiserie atteignait péniblement + 2 %, à 398,7 M EUR. La stratégie semble donc inévitable pour Brioche Pasquier dont l’activité semble avoir connu un ralentissement lors du dernier trimestre 2004 (- 2,36 %), confirmé en début d’année. Le groupe a en effet dû faire face au premier trimestre à une baisse de 3,08 % de son chiffre d’affaires sur la période, atteignant – 9,4 % à périmètre comparable. Dans ce déclin, accéléré par la contre-performance de l’activité viennoiserie (- 13,6 % à périmètre comparable), et non compensé par la pâtisserie (+ 5,6 %), seule l’activité biscotte semble en effet offrir de l’espoir (+9,1 %).
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15 sites de production au total
Outre ce renforcement de l’activité de panification sèche, qui pèsera dorénavant pour 18 % environ du chiffre d’affaires du groupe contre 6,2 % en 2004, Brioche Pasquier complète son offre RHF, Picard et Sopafi étant « les leaders incontestés de ce marché » selon le groupe, qui se présente comme le numéro un de la viennoiserie et un acteur majeur sur le marché de la pâtisserie en France. Avec cette acquisition, Brioche Pasquier continue d’étendre sa présence au petit-déjeuner, moment clé de la « consommation en Europe ». Cette acquisition porte à 15 le nombre de sites du groupe, dont un en Espagne et un en Italie. Sur un marché français de la biscotte de 110 000 tonnes environ, dont 75 000 tonnes en GMS, l’acquisition rapproche Brioche Pasquier du leader incontesté, Heudebert (Lu). Le groupe prendrait également la deuxième place de ce marché au niveau européen.