En juin, la Fédération nationale bovine s'est fortement mobilisée avec un mot d'ordre, « des prix ». Les perspectives de marché ne s'annonçaient pas brillantes, entre sécheresse, prix bas du lait et difficulté de trésorerie. Pourtant, les prix se sont plutôt tenus cet été.
Depuis une quinzaine de jours, le prix du broutard est orienté à la baisse. « En une semaine, il a perdu 50€ », estime Sébastien Lagarde, président du collège acheteur d'Elvea. Durant les mois d'été, les sorties ont été assez régulières car les éleveurs ont devancé la sécheresse, selon lui, permettant de conserver une certaine stabilité des cours. Pour Pierre Richard, directeur commercial de Deltagro export, vers l'Italie, les prix « se maintiennent plutôt bien ». Côté turc, la demande diminue avec la dévaluation de la monnaie. L'Uruguay et le Brésil se sont positionnés sur ce marché. La Pologne, la Hongrie, la Tchéquie cherche à se positionner également avec des prix bas attractif. La France a raté un appel d'offre. Mais Pierre Richard reste convaincu que la qualité du broutard français « les fera revenir ». Les Turcs ont apprécié la marchandise et surtout « la qualité de la croissance ». Côté Algérie, « c'est pas bon ! », continue-t-il. Les professionnels cherchent à faire partir au plus vite les animaux toujours en quarantaine, avant de nouvelles dévaluations. Sébastien Lagarde appréhende une baisse des prix d'ici « trois semaines, un mois, avec la sortie des veaux de printemps ».
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En jeunes bovins, tous les opérateurs s'accordent sur la présence de stocks dans les exploitations, « notamment dans l'Ouest ». Malgré « l'élargissement de la couverture des risques à l'exportation assurée par la Coface », que Stéphane Le Foll avait annoncé le 17 août, le marché vers la Grèce est à l'arrêt. « Les privés ont peur de ne pas se faire payer », confirme Sébastien Lagarde. Les prix actuels sont supérieurs à ceux de 2015, mais comme le rappelle Dominique Daul, vice-président de la Fédération nationale bovine, « cela reste nettement au-dessous du coût de production ». Pierre Richard est convaincu que les éleveurs ne braderont pas leur viande et il ne s'attend pas « à une chute des prix ». Selon un autre opérateur, « pour l'instant, il n'y a pas de casse, mais il faut absolument trouver des portes de sorties. […] Le prix ne réglera pas le problème des volumes ». Il cite l'export et le rôle du gouvernement. À la question de l'impact de la sécheresse, Sébastien Lagarde répond qu'elle « a joué sur les marchés avec plus d'apports d'animaux à une période où il n'en fallait pas ». Pierre Richard se veut plus positif et constate que le climat sec a orienté l'Italie a produire plus d'ensilage et donc à acheter plus de broutards. Il reconnaît également que la mobilisation des éleveurs a eu un impact « salutaire » sur les prix.