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Broyage des poussins, élevage plein air : la mise au point de l’exécutif

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Devant les sénateurs le 26 mai, le ministre délégué aux PME Alain Griset a estimé « secondaire » de formaliser l’interdiction d’éliminer les poussins mâles, prévue pour 2022.

« Le sujet de la formalisation de l’interdiction [de l’élimination des poussins mâles] est finalement aujourd’hui secondaire, car des méthodes opérationnelles existent », a déclaré le ministre délégué aux PME Alain Griset le 26 mai au Sénat. M. Griset remplaçait son collègue de l’Agriculture (pris par les négociations de la future Pac) lors de l’examen en séance publique de la proposition de loi « pour un élevage éthique », déposée par Esther Benbassa (écologiste, Paris).

Rejetée par le Sénat à majorité de droite, cette PPL prévoyait d’interdire en 2022 l’élimination des poussins mâles et des canetons femelles pour la production d’œufs et de foie gras (1). Un objectif politique fixé par l’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, sans traduction législative ni réglementaire. « L’objectif est maintenu, mais ce n’est pas en décrétant qu’il sera rendu possible, mais en embarquant toute la filière », indique le cabinet du ministre de l’Agriculture à Agra Presse.

« La filière œufs et les couvoirs […] ont bien intégré l’objectif et l’attente des citoyens en la matière », a appuyé Alain Griset, ajoutant qu'« inscrire une mesure d’interdiction dans la loi ne permettrait en outre pas d’accompagner financièrement ces filières ». Pour le ministre, « l’enjeu, c’est de savoir qui paie le coût de cette transition ».

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« Pas raisonnable » de généraliser le plein air

Par ailleurs, la proposition de loi examinée le 26 mai prévoyait de généraliser l’accès au plein air pour tous les animaux d’élevage d’ici 2040. Une mesure qui « n’est pas raisonnable », a rétorqué Alain Griset. « C’est 82 % de la production de poulets de chair qu’il faudrait repenser », a-t-il illustré. « Laisser croire qu’en vingt ans nous n’aurons plus aucun poulet ni porc standard dans nos fermes est faux et contreproductif, si cette ambition n’est pas réfléchie à l’échelle du marché unique et des relations commerciales internationales. »

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Le ministre délégué aux PME a notamment insisté sur la nécessité d'« accompagner les transitions que nous imposons à l’agriculture ». Alain Griset a profité de cette occasion pour annoncer que la proposition de loi contre la maltraitance animale sera « inscrite à l’ordre du jour [du Sénat] avant la fin de l’année ». Déposé par Loïc Dombreval (LREM, Alpes-Maritimes) et adoptée par les députés le 29 janvier, ce texte vise notamment l’interdiction des élevages de visons d’ici deux ans.

La PPL maltraitance animale au Sénat avant la fin de l’année