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Congrès FNPL Bruno Le Maire accuse Lactalis de « tordre le cou aux producteurs »

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Lors du congrès de la FNPL, Bruno Le Maire a lourdement condamné les méthodes de négociation du géant laitier Lactalis. Dernier résistant de la contractualisation, l’industriel fait pression sur ses éleveurs via des sanctions économiques pour imposer son contrat. La FNPL, comme la FNSEA et les groupements de producteurs, envisagent plusieurs actions syndicales pour faire plier le leader mondial.

La contractualisation a également concentré l’attention des producteurs présents le 15 mars à Verdun pour le congrès annuel de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait). Si Bruno Le Maire a « salué l’attitude de Bongrain, de Senoble, et de Danone », il a aussi dénoncé sèchement les méthodes employées par Lactalis, leader mondial des produits laitiers. « On ne négocie pas avec des ultimatums dans une démocratie comme la France », a lancé le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, devant plus de 500 producteurs. Afin de contraindre ses éleveurs à signer individuellement des contrats, le géant laitier leur a imposé la date butoir du 31 mars sous peine de sanctions économiques. Cette date ne précède que de quelques jours la parution annoncée du décret OP (organisations de producteurs), censé formaliser le droit des producteurs à s’organiser en groupements. Un calendrier imposé par Lactalis qui ne doit rien « au hasard », a laissé entendre le ministre de l’Agriculture. Dans une conversation téléphonique avec le p.-d.g de Lactalis, Emmanuel Besnier, « je lui ai dit, avec beaucoup de gravité, que je n’accepterai pas qu’une entreprise privée veuille tordre le cou des producteurs », a relaté Bruno Le Maire. Premier signe positif depuis l’arrêt des négociations, l’industriel a tout de même pris rendez-vous le 16 mars avec le médiateur des contrats afin d’envisager de revenir à la table des négociations.

Plusieurs actions syndicales en cours

Pourtant, Bruno Le Maire a de nouveau condamné les méthodes du groupe laitier. « Lactalis n’accepte pas que les producteurs puissent s’organiser pour négocier de façon équitable les prix du lait, constate-t-il. Cette attitude n’est pas responsable et elle n’est pas digne ». Du côté de la FNPL, le discours est tout aussi dur. « En ce qui nous concerne, je le dis haut et fort : nous ne lâcherons pas », a averti Henri Brichart, le président de la FNPL. Nous ne pouvons pas accepter que l’on considère les producteurs à la manière d’un autre temps. Celui, révolu, des serfs et des seigneurs ». Henri Brichart a en outre dénoncé le « bras d’honneur » de l’entreprise envers ses producteurs, avant de demander « au ministre de faire appliquer la loi et les amendes administratives ». Certaines clauses des contrats Lactalis ne sont en effet pas conformes à la loi de modernisation qui les a prévus. La FNSEA, la FNPL et les groupements de producteurs prévoient désormais deux actions le 19 mars pour faire de nouveau pression sur Lactalis. Tandis qu’une délégation rencontrera les dirigeants de l’entreprise à Laval, une autre se mobilisera sur l’esplanade de Montparnasse afin d’interpeller le gouvernement.

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