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Politique alimentaire Bruno Le Maire adopte le Programme national pour l’alimentation

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Les propositions du CNA pour donner du contenu au programme national pour l’alimentation (1) ont été quasiment toutes retenues par Bruno Le Maire qui en a présenté le détail le 28 septembre à l’issue d’une réunion plénière du Conseil présidé par Bernard Vallat, l’instance consultative placée auprès des trois ministres concernés (Alimentation, Consommation et Santé).

Le programme triennal (2011-2013) pour l’alimentation (PNA) prévu par la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP) concrétise le lancement d’une véritable politique publique de l’alimentation. Préparé par les membres du Conseil national de l’alimentation avant l’été, il vient d’être presque entièrement avalisé par le ministre Bruno Le Maire. « C’est un nouveau pacte social dont l’ambition est de faire comprendre aux consommateurs français que l’agriculture est à leur service », a expliqué le ministre de l’alimentation. Parmi les 85 actions retenues, les principales doivent permettre de « faciliter l’accès de tous à une alimentation de qualité et en particulier les enfants ». Le PNA devrait ainsi rendre obligatoire le respect de règles nutritionnelles en restauration collective. Plusieurs des actions prévues visent aussi à faire échec aux remises en cause du modèle alimentaire français grâce auquel l’obésité est plutôt moins répandue chez nous que dans d’autres pays. D’autres incitent à améliorer non seulement les comportements mais aussi l’offre alimentaire en particulier pour les milieux sociaux défavorisés. Le programme s’articule donc avec le PNNS dont la troisième édition est également prévue pour 2011, avec le programme national d’aide alimentaire, avec le plan Prison, le plan d’éducation pour la santé, le plan bien-vieillir, le plan d’action en faveur des territoires ruraux, avec la stratégie de développement durable pour la période 2010-2013 et le avec le plan national santé-environnement II ainsi qu’avec le plan obésité du président de la République lancé en mai dernier avec les priorités d’investissements d’avenir.

Moins de suspicion

Après les années où l’on a pris conscience des liens entre alimentation et santé d’une part, et de la montée rapide de l’obésité d’autre part (2), années marquées par des tentatives pour interdire la publicité alimentaire, et pour taxer certains produits, la tendance s’est infléchie et il n’est plus question, semble-t-il, que le prochain PNNS prenne encore pour cible les industriels de l’agroalimentaire. L’entrée en force du ministère de l’Agriculture sur ces questions et l’appel à idées adressé au CNA ont produit un meilleur consensus qui transparaît en tout cas dans le programme que vient de présenter Bruno Le Maire. La présence d’ailleurs du directeur général de la Santé, Didier Houssin, témoigne de la fin des hostilités qui ont trop souvent opposé les deux ministères en matière alimentaire. En tout cas, le suivi du PNA sera assuré de façon « œcuménique » puisque le ministre en a confié la responsabilité au Conseil national de l’alimentation. Sachant que le programme se veut évolutif et pourrait servir de base pour proposer à l’Union européenne une politique alimentaire commune au sein de la PAC 2013.

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Le chapitre du programme qui impliquera le plus les industriels s’intitule « Améliorer l’offre alimentaire » : il concerne l’innovation et la qualité. Après les chartes PNNS de progrès nutritionnel volontaires dans lesquelles le ministère de la Santé avait proposé aux entreprises ou aux fédérations de s’engager, le PNA lance une idée voisine, des « contrats collectifs d’engagement de qualité ». Outre l’Observatoire déjà créé par la loi (Oqali), le programme prévoit la création d’un Comité stratégique des IAA (à l’échéance d’octobre 2010 pour disposer de propositions dès 2011). Il prône aussi plus de certifications et de démarches qualité (labels, éco-labels, signes d’origine, spécialités traditionnelles garanties, etc) et des initiatives pour réduire le gaspillage et pour développer les circuits courts, notamment dans l’approvisionnement de la restauration collective.

Plaidoyer pour l’origine

L’étiquetage évoluera pour rendre obligatoire, dans le respect des règles communautaires, l’indication du pays d’origine pour les produits agricoles, alimentaires et les produits de la mer, bruts ou transformés. Le ministre a insisté sur ce point (qui fait problème aujourd’hui entre les industriels charcutiers et le reste de la filière porc) en pourfendant l’idée, fort répandue, que ce serait contraire à la concurrence. Il promet de militer à Bruxelles et auprès de nos partenaires pour leur faire admettre que « la transparence, l’information la plus complète possible du consommateur sont la clé d’une saine concurrence ». Sinon, il nous faudrait continuer, redoute-t-il, d’accepter des produits dont on ne sait ni où ils ont été fabriqués, ni comment tant sur le plan sanitaire qu’environnemental. « Je mesure les intérêts économiques qui sont en jeu dans ce dossier étiquetage, mais c’est indispensable, a martelé Bruno Le Maire, c’est d’intérêt général, et c’est même l’intérêt des opérateurs d’obtenir la confiance à long terme des consommateurs ».