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Projet de loi de finances 2010 Bruno le Maire défend son budget devant les députés

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Une commission élargie de l’Assemblée nationale, réunissant finances, affaires économiques et affaires sociales, a auditionné le ministre de l’Agriculture, jeudi 29 octobre sur son budget 2010. Bruno Le Maire a admis que la reconduction des contrats de prime herbagère agro-environnementale était difficilement compatible avec la PAC, mais qu’il travaillait à la mise en œuvre d’un mécanisme de compensation. Il a également indiqué qu’une partie des fonds débloqués dans le cadre du plan d’urgence présenté par Nicolas Sarkozy seraient spécifiquement orientés vers la filière porcine. Enfin le ministre a annoncé la prochaine tenue d’assises sur la vaccination de leurs animaux par les éleveurs et la mise en place d’un groupe de réflexion sur la Pac d’après 2013. Convaincus, les députés ont adopté le budget de l’agriculture. Le résumé en cinq points des propos du ministre.

PAC 2013 : un groupe de réflexion interdisciplinaire
Pour Bruno Le Maire, « certains États membres souhaiteraient que le budget de la Pac passe de 55 milliards aujourd’hui à 40 milliards en 2013. C’est le degré zéro de la politique, alors que la faim dans le monde va devenir un sujet majeur dans les années à venir. Diminuer les crédits de la Pac (au profit de la recherche ou des universités) c’est aligner l’agriculture européenne sur la production mondiale. La compétitivité uniquement basée sur les prix ruinera l’agriculture européenne. Je défends l’idée d’une politique alimentaire européenne pour remplacer la Pac avec comme objectif la sécurité alimentaire et environnementale de l’Europe. Mais cela aura un coût qu’il faudra assumer avec la Pac et des moyens de protection comme la taxe carbone aux frontières de l’Europe. Je vais mettre en place un groupe de réflexion de haut niveau sur l’avenir de la Pac qui rassemblera des responsables politiques, des philosophes ou encore des scientifiques. Il ne faut pas que le débat reste technique, mais au contraire il faudra élever le débat pour sauver la Pac après 2013 ».

Porc : des aides spécifiques dans le cadre du plan d’aide
« Le secteur porcin est celui qui subit l’une des crises les plus graves aujourd’hui, et il y a un risque important que le cours passe en dessous de 1 euro/kg, s’est inquiété le ministre de l’Agriculture. Les éleveurs ont donc besoin d’un plan d’accompagnement important et je veillerai à ce que dans les mesures annoncées par le président de la République il y ait un volet spécifique pour le secteur. Sur la question des algues vertes, les agriculteurs ont déjà fait des efforts considérables (le taux de nitrates dans les nappes est en dessous du seuil européen). Si les efforts accomplis sont considérés comme insuffisants, cela devient politique et il faut alors aider fortement les éleveurs à aller plus loin ».

Adapter la Prime herbagère agro-environnementale (PHAE)
Au sujet de la PHAE, Bruno le Maire a assuré que le budget était suffisant pour payer les contrats en cours, « par contre il y a une difficulté pour les contrats qui arrivent à échéance. Le mécanisme actuel de la PHAE est difficilement compatible avec la Pac. Je n’ai pas encore de solution, mais nous allons trouver un moyen de maintenir les aides à leur niveau en mettant au point un nouveau système ».

FCO : des assises sur la vaccination en janvier
Pour le ministre, « la vaccination obligatoire a fait ses preuves lors de la dernière campagne, j’ai donc pris la décision de la relancer en 2009-2010. Je pense que ce sont les vétérinaires qui doivent vacciner les animaux dans le cadre de campagnes obligatoires sinon le certificat de vaccination n’est pas valable pour les exportations. Par contre, je suis favorable à ce que les éleveurs puissent vacciner eux-mêmes leur cheptel dans certaines conditions. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Je réunirai donc des assises sur ce sujet au mois de janvier prochain. Quant au 30 millions d’euros d’aides qui n’ont pas encore été versés, j’ai saisi FranceAgriMer sur ce dossier et les sommes dues seront débloquées avant la fin du mois de novembre. »

Association d’éleveurs : « Je respecterai la position de la profession »
Interpellé sur la disparition possible des associations d’éleveurs du fait de l’orientation des soutiens publics vers les seules associations commerciales pratiquant le transfert de propriété (envisagé dans le cadre de la LMA), le ministre de l’Agriculture a indiqué qu’il n’allait pas imposer une mesure que la profession agricole reçoit de manière très négative. « Seulement on ne peut pas me dire que la filière élevage va très mal (vente à perte…) et en même temps laisser les éleveurs aller négocier en direct avec un industriel qui représente plus de 50% de l’abattage en France. Je pense que ce n’est pas la meilleure façon de vendre ses animaux… Si on refuse une organisation de l’offre alors qu’on n’aille pas pleurer après. Je vais rencontrer la FNB dans les jours qui viennent, je respecterai la position des éleveurs mais après chacun prendra ses responsabilités », a-t-il prévenu.

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