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Qualité Bruno Le Maire: « La Semaine du Goût, c’est aussi la bataille de l’emploi »

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Le ministre de l’Agriculture Bruno le Maire a inauguré le 17 octobre avec le député Patrick Devedjian la 22e édition de la Semaine du Goût, mettant en lumière les retombées sur l’emploi qu’offre une agriculture de qualité gustative : l’emploi en agriculture et l’emploi dans les métiers de bouche.

À travers cet événement qu’est la Semaine du Goût (du 17 au 23 octobre), « il y a la bataille pour le goût et la bataille pour l’emploi », a résumé Bruno le Maire à la fin de son intervention, qui a eu lieu au collège Alfred de Vigny à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, en proche banlieue de Paris.

L’intérêt des consommateurs pour la qualité, pas seulement pour les prix

« Nous nous battons pour que les cantines scolaires ne s’interdisent plus d’acheter des produits locaux, même s’ils sont un peu plus chers que des produits venant de pays lointains et à faible niveau de protection sociale », a-t-il déclaré. Il a cité à ce propos l’exemple de cantines normandes qui, jusqu’à ces derniers temps, devaient acheter des pommes du Chili, alors que la Normandie regorge de pommes de qualité.
Depuis le début de la formule de la Semaine du Goût, autrement dit en une vingtaine d’années, les choses ont changé, a témoigné Luc Petitrenaud, journaliste de radio et de télévision : « Il y a 20 ans on répondait techniquement aux sujets culinaires. Aujourd’hui on veut savoir d’où viennent les produits, et remonter la source jusqu’au producteur ». Auparavant, avec le pain, « on cherchait à se caler l’estomac à moindre prix. Aujourd’hui on trouve autant de pains différents que de boulangeries », a ajouté Jean-Luc Poujauran, boulanger réputé du 7e arrondissement de Paris.
La bataille pour l’emploi est donc celle de ce marché intérieur à reconquérir par une agriculture de qualité et à valeur ajouté, mais c’est aussi celle des nombreux débouchés qui existent dans les métiers de bouche, a poursuivi Bruno Le Maire. « Toute cette filière est créatrice d’emplois. L’industrie alimentaire est parmi les seuls secteurs à être en croissance en termes d’emplois », a-t-il indiqué. Faisant part de son inquiétude devant le déficit du commerce extérieur français, qui est de 70 milliards d’euros, le ministre de l’Agriculture a vanté devant des collégiens de classe de troisième « un secteur où l’on vend plus que l’on achète », avec une croissance du solde exportateur « de 15% cette année ».

La promotion du métier d’agriculteur

Tout l’enjeu de cette édition de cette Semaine est de donner le goût pour les jeunes de travailler dans des métiers tels que celui de boulanger, pâtissier, boucher, charcutier, etc. Plus que les autres années, des animations ont eu lieu auprès des collégiens. Une nouvelle formule, intitulée « la chaîne du goût », a convié les collégiens à des conférences, ateliers gastronomiques. Par exemple le responsable des services « blé, moulins et farines d’exportation » des Grands Moulins de Paris devait présenter le vendredi 21 octobre aux classes de 3e son métier, retraçant les étapes des produits, de l’agriculture au produit fini.
Le métier d’agriculteur n’est pas en reste, dans cette opération de promotion du goût. Lors de l’inauguration, un agriculteur exploitant des grandes cultures près de Meaux (Seine-et-Marne), Philippe Heusele, a expliqué à un collégien qui lui posait une question sur ses horaires de travail, qu’il n’a « pas d’horaires fixes » et que cela dépend notamment de la saison et de la météo.
Bruno Le Maire a tenu à témoigner qu’il a « vu peu de métiers où les gens sont aussi passionnés par ce qu’ils font. Rencontrez un viticulteur, il vous parlera pendant des heures de ce qu’il fait ».

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