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Politique Bruno Le Maire tance la grande distribution

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Pour sa troisième participation au Space à Rennes, le ministre de l’agriculture a pu, cette année, visiter le salon qui s’est ouvert à Rennes et faire son discours. « Cette année, c’est fromage et dessert : tant pis pour vous ! », a-t-il lancé à l’auditoire le 13 septembre. Dans son intervention, il a insisté sur « les changements structurels à faire » dans le monde agricole, déjà parce que les agriculteurs méritent « un revenu décent ». En ligne de mire du ministre, la grande distribution mais aussi, de manière plus inhabituelle, Coop de France et le Sniv.

Bruno Le Maire n’a pas boudé son plaisir. Depuis qu’il a été nommé ministre de l’Agriculture, il lui avait été impossible de visiter le Space à Rennes. Trop de colère paysanne et de détresse d’un monde de l’élevage face à des revenus en berne. Alors que la conjoncture s’améliore, la visite a été possible même si, lors de son inauguration, il a été interpellé ponctuellement par des éleveurs porcins en situation ou proche de la cessation d’activité. L’inauguration du ministre s’est déroulée sans anicroche. Seule une trentaine d’éleveurs de porcs, membres de l’AMEB (Association pour le maintien des élevages en Bretagne) ont tenté de perturber son parcours. Sans succès. Ils ont été expulsés du hall 1 sans ménagement. Dans son intervention, c’est un ministre qui ne « change pas de cap » qui a défendu son bilan au ministère de l’Agriculture depuis 2 ans. Dans un discours compassionnel face à la « détresse » paysanne, au « sentiment d’abandon », il a vanté la « solidarité paysanne » pendant la sécheresse. Il a vanté « l’amour » des citoyens pour les agriculteurs. Dans un registre moins émotionnel et plus pragmatique il appelé le monde agricole à prendre ses responsabilités et a tancé la grande distribution. Son leitmotiv : « Les changements structurels qui sont à mettre en œuvre » dans le monde agricole. « Cette femme, éleveur de porc, qui m’a interpellée pendant ma visite du Space, ce n’est pas de problèmes conjoncturels qu’elle souffre » a-t-il expliqué en invitant l’auditoire à « regarder avec lucidité la situation ».

Une « erreur historique »
En jeu, l’accord du 3 mai que les GMS « doivent appliquer ». D’ailleurs, le ministre les voit « prochainement ». Autre motif de colère de Bruno Le Maire : le refus de participer au GIE export du Sniv et de Coop de France. « Vous faites une erreur historique ! » leur a lancé Bruno Le Maire. Pas moins. « En France, on adore les querelles de clochers, la logique du chacun pour soi », a-t-il martelé. « Il ne suffit pas de signer les accords, il faut les respecter », a-t-il prévenu.
Au sujet de la contractualisation dans le lait, le ministre ne « veut pas de pause ». « On a une dynamique », a-t-il affirmé. Le décret OP attendra le vote définitif du paquet lait à Bruxelles à la fin de l’année. Il a indiqué constater que « le principe de contrat fait l’unanimité ». « Ceux qui le contestaient (les minoritaires) hier m’ont remis un modèle de contrat », a-t-il raconté.

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