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Immergée une semaine à Bruxelles dans le cadre d’une bourse de journalisme organisée par Euractiv et financée par la fondation Robert Bosch, j’ai eu envie de vérifier l’intuition suivante : l’agriculture, tout premier poste budgétaire qu’elle soit, est vraiment la dernière roue du carrosse européen.
À tous mes interlocuteurs, sans doute une quarantaine au total (institutionnels, lobbies, journalistes, représentants des Etats membres, des syndicats, du patronat…), j’ai posé la question suivante : « La sécurité alimentaire (au sens de quantité et qualité des approvisionnements) est un sujet d’investissement majeur pour de nombreux pays ; en pleine renégociation de la PAC, l’Europe prend-elle la mesure de l’importance géopolitique de l’agriculture ? ». Hormis chez les spécialistes des questions agricoles, mon interrogation suscite surtout l’étonnement. Comment une jeune journaliste ne comprend-elle pas que la priorité doit être donnée à l’emploi, la croissance, et à la résolution de la crise de l’euro ?
En tant que citoyenne, j’aspire à ce que l’Europe soit animée par un réel projet politique. Une vision collective qui dépasse les intérêts de telle ou telle catégorie. Ce n’est pas parce que la Pac est gérée comme un héritage encombrant du passé que l’agriculture n’est pas un sujet d’avenir. D’autant que le développement de l’agriculture et des IAA n’est pas incompatible avec la croissance et l’emploi.
L’Europe est avant tout tributaire des marchandages entre Etats membres mais je ne peux m’empêcher de rêver d’autre chose, et d’espérer entre autres que l’agriculture et l’alimentation redeviennent des sujets politiques au sens noble du terme, alors que seule la sécurité sanitaire et les prix parviennent aujourd’hui à éveiller l’intérêt des médias généralistes, des politiques et donc du grand public.
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