La situation actuelle du marché est relativement stable, bien qu'une surveillance spéciale soit justifiée sur les importations de riz et sur les niveaux de prix sur le marché de l'UE. Telle a été la réponse de la Commission européenne à un eurodéputé portugais qui demandait quelles mesures peuvent être prises pour garantir des prix de production équitables et la durabilité des organisations de producteurs dans le secteur du riz qui connaît actuellement des distorsions importantes.
A l'appui de sa demande, l'eurodéputé portugais Joao Ferreira (Gauche unitaire européenne) a expliqué que dans le secteur du riz actuellement en Europe, la décomposition typique de la valeur ajoutée le long de la chaîne de valeur est de 10 % pour le producteur, 20 % pour l'industrie de la transformation et 70 % pour la distribution. Plus important encore: alors que les coûts de production s'élèvent actuellement à 300-320 euros la tonne, les prix payés aux producteurs sont de l'ordre de 27,5-30 cents/kg, alors que, selon lui, un prix équitable serait d'au moins environ 40 cents/kg. À la lumière de ces considérations, l'eurodéputé a demandé ce que pense la Commission européenne de l'état du marché du riz et de la situation des producteurs de riz ainsi que des organisations qui les représentent au niveau européen Dans sa réponse au député portugais, le commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, a souligné que la Direction générale de l'agriculture de la Commission « suit de près l'évolution du marché du riz, y compris les prix, le niveau des stocks, la production et le commerce international ». Il a précisé que le secteur du riz est considéré comme « sensible » dans toutes les négociations internationales. Selon lui, la situation actuelle du marché est relativement stable, « bien qu'une surveillance spéciale soit justifiée sur les importations de riz à grains longs et sur les niveaux de prix sur le marché de l'Union européenne ». Concernant la situation des producteurs de riz et des organisations qui les représentent, le commissaire irlandais s'est félicité de la coopération des producteurs agricoles dans les organisations de producteurs, y compris les coopératives, car il considère qu'il s'agit d'un instrument utile, en ce sens qu'elles concentrent l'offre, améliorent la planification et l'ajustement de la production à la demande et optimisent les coûts de production. A ses yeux, les organisations de producteurs contribuent à renforcer la position des producteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Il reconnaît qu'après la réforme de la politique agricole commune, l'UE ne dispose plus que d'instruments limités pour assurer un certain niveau de prix au sein du marché européen.Toutefois, a-t-il assuré, « le marché du riz est surveillé de près, ce qui permet de détecter rapidement tout signe de crise possible dans le secteur » D'ailleurs, a ajouté Phil Hogan, dans son rapport de novembre 2016, le Groupe de travail sur les marchés agricoles « a formulé des recommandations sur un meilleur fonctionnement de la coopération des producteurs dans le secteur agricole ». Ces recommandations sont en cours d'analyse (1) a précisé le commissaire, lequel a jugé utile de rappeler également les conclusions du Conseil des ministres de l'agriculture du 12 décembre 2016 qui, elles aussi, ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les producteurs des différents secteurs agricoles.
Recommandations ministérielles
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Le 12 décembre 2016, les ministres de l'Agriculture ont en effet adopté des conclusions sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire et la lutte contre les pratiques commerciales déloyales. Se disant préoccupés par la vulnérabilité des agriculteurs, ils ont proposé des solutions que la Commission européenne et les États membres pourraient mettre en place afin de garantir, entre autres, que les risques soient partagés plus équitablement tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, que la contractualisation soit renforcée et que la transparence du marché et la gestion des risques soient améliorées. Les ministres ont notamment souligné qu'il était important que toutes les parties intervenant dans la chaîne d'approvisionnement bénéficient des mêmes conditions, ce qui pourrait être obtenu par un cadre législatif européen commun. Ils ont également invité la Commission à effectuer une analyse d'impact afin de proposer un cadre législatif ou d'autres mesures non législatives de l'UE qui permettent de s'attaquer aux pratiques commerciales déloyales, tout en respectant le principe de subsidiarité et en préservant les systèmes nationaux qui fonctionnent bien.
(1) Concernant le renforcement de la coopération entre les exploitants agricoles, le Groupe de travail sur les marchés agricoles recommande notamment que les règles en matière d'organisation collective et de concurrence soient « plus claires et plus fonctionnelles afin d'améliorer véritablement les possibilités de coopération entre les agriculteurs ».