La Commission européenne devait décider, le 28 mars, d’autoriser la mise sur le marché à des fins de commercialisation du maïs OGM GA21 « compte tenu de l’affaire en cours à l’OMC ». Cette décision va donner une bouffée d’oxygène au marché des aliments pour animaux étant donné la mise en culture de ce transgénique, notamment en Argentine.
Moins d’un an après le dépôt d’un dossier de demande de mise sur le marché par la firme Syngenta auprès de la Commission européenne, à peine sept mois après l’avis favorable de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments et juste trois mois après le vote sans résultat des experts des Etats membres – le délai minimum légal –, la Commission européenne devait décider, le 28 mars, de donner son feu vert à la mise sur le marché de produits fabriqués à partir du maïs GA 21 pour les mêmes usages que tout autre maïs, « à l’exception de la culture ».Un véritable signal de sa bonne volonté en direction des Etats-Unis. Mais aussi une victoire pour la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, qui n’a de cesse de souligner l’attitude irresponsable des Etats membres qui ont refusé la mise sur le marché de cet OGM, lors des votes en comité d’experts en décembre et au Conseil des ministres de l’agriculture à la mi-février. Ces dernières semaines, la commissaire n’a pas manqué de rappeler, en particulier à la France, qu’un feu vert en faveur de ce maïs transgénique serait plus efficace pour venir en aide à la filière porcine que des restitutions à l’exportation. Il pourrait en effet permettre de tempérer quelque peu la flambée des cours des aliments pour animaux. Cet OGM a été mis en culture en Amérique latine, et notamment en Argentine, l’un des principaux fournisseurs de la Communauté.
Embargo coûteux
L’adoption de cette semence par les agriculteurs argentins faisait de surcroît peser la menace d’une contamination de l’ensemble de la filière maïs par cet OGM. Ce qui aurait contraint l’Union, du fait de sa politique de tolérance zéro à l’égard des transgéniques non autorisés, à imposer un embargo ou de coûteux tests de détection sur les produits argentins.
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La Commission européenne est en mesure, à présent, de décider seule de mettre sur le marché ce maïs transgénique étant donné l’absence de majorité qualifiée pour ou contre au sein du Conseil. Lors du dernier vote, le 18 février dernier, plusieurs Etats membres s’étaient abstenus (Allemagne, Irlande, France, Italie, Lettonie, Royaume-Uni) ou avaient voté contre (Chypre, Grêce, Luxembourg, Hongrie, Autriche, Pologne, Malte, Lituanie, Slovénie), les autres ayant pris position pour (Belgique, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Espagne, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Finlande et Suède).