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UE/Lait Bruxelles autorise provisoirement les « 27 » à verser 15 000 euros par producteur

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La Commission européenne a décidé d’autoriser les États membres à effectuer un versement unique en faveur des agriculteurs d’un montant maximal de 15.000 euros sous forme d’aide d’État. Cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par Bruxelles pour stabiliser les revenus des producteurs laitiers.

Selon les critères définis par la Commission européenne, l’aide de 15.000 euros maximum ne pourra être accordée qu’une seule fois à chaque exploitation jusqu’à fin 2010. Les régimes d’aide mis en place au titre de ce nouvel instrument devront être ouverts à tous les producteurs primaires (et pas seulement aux producteurs de lait) et devront compléter d’autres mesures générales de crise déjà instaurées par un État membre. « Le fait d’autoriser les autorités nationales à verser jusqu’à 15.000 euros d’aide aux agriculteurs devrait permettre à certains exploitants de surmonter les graves problèmes de liquidités auxquels ils sont actuellement exposés », a déclaré Mariann Fischer Boel, commissaire européenne à l’agriculture.

Liste élargie des produits laitiers distribués dans les écoles
Par ailleurs, le programme communautaire «distribution de lait dans les écoles» a été également revu récemment par la Commission européenne afin de prendre en compte un certain nombre de remarques et de suggestions des Etats membres, du Parlement européen ainsi que du Conseil de l’Union européenne. Avec la révision du système, de nouveaux produits plus attractifs peuvent être distribués en bénéficiant des subventions de l’UE. En plus des différents types de lait de consommation, les enfants ont accès, entre autres, à certains produits laitiers fermentés contenant des fruits ou jus de fruits ou à des produits laitiers fermentés tels les yaourts, le babeurre, le kéfir, etc., ainsi qu’à un large éventail de fromages, dont les fameux fromages italiens « Grana Padano » et Parmigiano Reggiano ». De plus, la subvention communautaire est identique pour les produits entiers, demi-écrémés ou écrémés. Les Etats membres ont la possibilité de choisir les produits qu’ils souhaitent distribuer parmi la liste des produits éligibles, et ont également la possibilité d’appliquer des normes plus strictes que celles prévues dans la liste communautaire. Durant l’année scolaire 2006-2007, l’équivalent de près de 305.000 tonnes de lait a été distribué dans les écoles de 22 Etats membres avec plus de 50 millions d’euros de subventions communautaires. Grâce aux nouvelles règles simplifiées de la mesure ainsi qu’à la disponibilité de nouveaux produits plus attractifs, la Commission s’attend à ce que à l’avenir encore plus d’écoles participent à la distribution de produits laitiers encourageant ainsi les enfants « à remplacer la nourriture et les boissons de piètre qualité par des produits laitiers équilibrés et de haute qualité ».

Mariann Fischer-Boel rappelle ses autres interventions
Toutes ces nouvelles mesures s’additionnent bien sûr aux différentes mesures déjà adoptées ou proposées par la Commission en faveur des producteurs de lait, mesures que cette dernière se plaît à rappeler à chaque levée de boucliers des paysans qui lui reprochent de « rester les bras croisés ». Entre autres, la Commission a prévu d’affecter cette année jusqu’à 600 millions d’euros à des mesures de soutien du marché. La période d’intervention, quant à elle, a été prolongée jusqu’à fin août 2010 et on se souvient que le 19 octobre dernier, la Commission a proposé une enveloppe d’aide supplémentaire de 280 millions d’euros en faveur des producteurs de lait. De plus, au titre de la réforme de la PAC de 2003, les paiements directs versés aux producteurs laitiers ont été majorés de 5 milliards d’euros par an afin de compenser les effets de la diminution des prix d’intervention.

Les producteurs de lait restent mobilisés
Dans une analyse qu’elle vient de publier sur l’impact des mouvements de protestation des producteurs laitiers à travers l’Europe, l’European Milk Board (EMB) estime que ce sont plus de 500 millions de litres de lait qui n’ont pas été livrés ces derniers mois aux laiteries dans huit Etats membres. L’assainissement du marché ainsi réalisé, aurait, selon elle, « influencé les marchés au comptant ainsi que les premiers marchés des produits, ce qui a permis de faire augmenter les prix ». Reste à vérifier maintenant, conclut l’EMB, « si lors de la réunion du Conseil Agri des 19 et 20 novembre, la classe politique a vraiment bien compris de quoi il s’agit ».

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