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Santé animale Bruxelles cherche à faire lever l'embargo russe sur le porc européen

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« Nous sommes loin d'être dans une situation de crise de marché », assure la Commission européenne dix jours après la mise en place par la Russie d'un embargo sur les importations de viande de porc de l'UE. Les discussions entre les services vétérinaires russes et européens se poursuivent.

Le commissaire à la santé, Tonio Borg, a dénoncé l'embargo « disproportionné » imposé depuis fin janvier par la Russie sur les importations de porc en provenance de l'UE suite à la découverte de cas de peste porcine en Lituanie (1). Cet embargo a été imposé en dépit des mesures dites de « régionalisation » proposées par les autorités européennes conformément à la législation internationale, a souligné le 31 janvier Tonio Borg. Ces mesures suspendraient les exportations lituaniennes de produits porcins en provenance des six régions du pays. Mais les services vétérinaires russes demandent qu'une plus large zone soit exclue (comprenant des régions limitrophes de la Lituanie en Pologne et en Lettonie).

Les abattoirs français estiment que « la Commission ne mesure pas l'ampleur de la crise porcine qui se profile » en refusant d'accéder à la demande des autorités sanitaires russes. Les contacts se poursuivent entre les services sanitaires de l'UE et leurs homologues russes. Bruxelles veut surtout rester le seul interlocuteur afin d'éviter que la Russie (coutumière du fait) ne cherche à négocier avec chaque Etat membre les conditions de la reprise des importations.

« Pas de crise de marché »

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« Pour les abattoirs français, l'exportation de viande porcine représente un tiers de l'activité, plus encore, certains morceaux et pièces de découpes ne se revalorisent bien que sur les marchés exports, la fermeture de ceux-ci entraîne donc une dévalorisation de la carcasse qui va peser lourdement sur le prix de porc en production et l'équilibre du marché », prévient le syndicat français des entreprises de la viande, Sniv-SNCP.

« Ce n'est pas une crise de marché, nous en sommes très loin », assure pour le moment la Commission européenne. Les exportations de porc vers la Russie ne représentent que 3% de la production de l'UE. Une dizaine de jours après l'annonce de cet embargo, les prix sur le marché européen avaient diminué de 3%. Si la situation perdurait et si une crise était avérée, deux principaux instruments sont à la disposition de la Commission européenne : la réserve de crise mise en place de la cadre de la réforme de la Pac (mais si des fonds sont débloqués dans ce cadre, ils seront ponctionnés sur les paiements directs) et le stockage privé.

(1) Voir n° 3433 du 03/02/2014