La demande de sanctions déposée le 17 janvier à Genève par les Etats-Unis à l’encontre de l’UE dans le différend sur les OGM a été soumise à l’arbitrage de l’OMC le 8 février à la demande de l’UE. Les Européens contestent le niveau des sanctions envisagées par les Etats-Unis qui restent en tête des pays producteurs d’OGM avec près de 58 millions d’hectares.
Selon Bruxelles, les Américains s’éloignent de la procédure de règlement des différends de l’OMC aux termes de laquelle les deux parties ont convenu de poursuivre leurs discussions afin de rapprocher leurs positions. Dans un document transmis à Genève, « les Etats-Unis ont fait part de leur intention de suspendre des avantages pour un niveau annuel égal à l’annulation ou à la réduction d’avantages revenant aux Etats-Unis pour ce qui est des produits biotechnologiques ». Washington précise également « que le niveau annuel d’annulation ou de réduction d’avantages sera la valeur perdue des exportations des Etats-Unis pour chaque catégorie de culture biotechnologique ».
Contrôles sur les produits chinois à base de riz
Par ailleurs, la Commission européenne a décidé le 12 février d’imposer à partir du 15 avril des contrôles sur les produits à base de riz importés de Chine, pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas un OGM interdit dans l’UE, le Bt63. Tous les produits chinois contenant du riz, comme les nouilles et les vermicelles, devront être contrôlés par des laboratoires spécialisés accrédités par l’UE pour bénéficier d’un certificat autorisant leur commercialisation. Des produits contenant du riz transgénique Bt63 ont été découverts dans l’UE en 2006 et 2007, malgré les engagements pris par les autorités chinoises, a souligné la Commission européenne pour justifier sa décision.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les surfaces OGM en hausse de 12 % dans le monde, selon ISAAA
Au niveau mondial, les OGM continuent à avoir le vent en poupe.En 2007, les surfaces de produits transgéniques ont augmenté de 12 % pour atteindre 114,3 millions d’hectares, selon les données publiées le 13 février par l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications). Douze millions d’agriculteurs ont utilisé des semences OGM en 2007 indique l’organisation dont le rapport a été financé par la Fondation Rockfeller, une banque espagnole (Ibercaja) et une fondation italienne (Bussolera-Branca). À l’échelle des pays, l’Inde a augmenté de 63 % ses emblavements de coton transgénique pour atteindre 6,2 millions d’ha, tandis que la Chine enregistre 3,8 millions d’ha de coton transgénique. Le Brésil note une forte croissance de ses surfaces (+3,5 millions d’ha) pour un total de 15 millions d’ha de soja et de coton OGM. L’Afrique du sud totalise 1,8 million d’ha OGM (+30%), principalement du maïs. Au niveau mondial, les Etats-Unis restent en tête des pays producteurs d’OGM (57,7 millions d’ha), devant l’Argentine (19,1 millions). L’UE a depassé pour la première fois les 100 000 hectares de cultures transgéniques en 2007.