Abonné

Bruxelles demande à l’industrie la transparence sur le glyphosate

- - 3 min

Le commissaire européen insiste auprès de l’industrie phytosanitaire pour qu’elle publie l’intégralité des études sur le glyphosate soumises lors de la demande de renouvellement de son autorisation. Un moyen selon lui de faciliter les discussions en cours sur cet herbicide, le plus utilisé dans le monde. Quatorze études sur sa cancérogénicité vont être consultables à titre exceptionnel, répond l’industrie. Les organisations agricoles demandent, elles, que le glyphosate soit autorisé le plus rapidement possible.

Le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis, dans une lettre adressée le 4 avril au président de la task force sur le glyphosate, Richard Garnett, demande à l’industrie phytosanitaire de publier la totalité des études sur le glyphosate qu’elle a fournies à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Le commissaire a déjà annoncé qu’il compte travailler pour introduire plus de transparence dans le dispositif européen d’autorisation des produits phytosanitaires (1). Dans son courrier, il assure avoir toute confiance dans le sérieux de l’évaluation de l’Efsa sur la base des informations soumises par l’industrie. Mais souligne-t-il, « en même temps, je suis conscient du fait qu’une partie importante de la société civile est préoccupée par la différence entre les résultats de l’Efsa et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) sur la cancérogénicité du glyphosate ». Selon Vytenis Andriukaitis, la publication des données brutes transmises à l’Efsa serait bénéficiaire pour la société dans son ensemble et faciliterait les discussions en cours et le processus de prise de décision. Bruxelles a décidé de reporter le vote prévu sur ce dossier faute de majorité qualifiée entre les États membres (2).

La task force sur le glyphosate a accepté le 6 avril « de fournir volontairement l’accès par une salle de lecture physique et à titre exceptionnel à des copies de l’ensemble des quatorze études de cancérogénicité présentées » dans le dossier de demande de ré-autorisation.

Utile aux techniques sans labour

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) demandent de leur côté, dans une lettre au commissaire à la santé et aux parlementaires européens d’autoriser sans délai le glyphosate. Cette substance présente de nombreux avantages pour les agriculteurs, explique le Copa-Cogeca : il est autorisé dans tous les États membres, il est utilisable sur un vaste spectre de cultures et il est peu cher. Et d’ajouter que ne pas approuver cet herbicide, le plus utilisé dans le monde, bénéficierait aux pays tiers qui exportent vers l’UE. Autre argument avancé : le glyphosate est nécessaire à certaines pratiques agricoles telles que le semis direct (sans labour) et de travail réduit du sol, qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l’érosion des sols.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

glyphosate
Suivi
Suivre
herbicide
Suivi
Suivre

Le Parlement européen se prononcera lors de la session plénière du 11 au 14 avril sur le projet de résolution de sa commission de l’environnement appelant Bruxelles à ne pas renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’UE tant que « les craintes subsisteront sur son caractère cancérigène et de perturbateur endocrinien » (3).

(1) Voir n° 3538 du 21/03/2016

(2) Voir n° 3537 du 14/03/2016

(3) Voir n° 3539 du 28/03/2016