Abonné

Schmallenberg Bruxelles dénonce l’embargo russe sur les animaux vivants de l’UE

- - 4 min

Moscou a décidé d’interdire toutes les importations d’animaux vivants et de matériel génétique (bovins, ovins, caprins et porcins) en provenance de l’Union européenne à partir du 20 mars en raison de l’épidémie de virus de Schmallenberg qui touche huit États membres. La Commission européenne a appelé à la levée immédiate de cet embargo jugé « disproportionné » et « injustifié ». La Lettonie a fait part de son inquiétude à l’occasion du Conseil agricole, le 20 mars à Bruxelles.

Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce, et John Dalli, son homologue en charge de la santé et de la consommation, ont exprimé, dans un communiqué commun, « leur profonde déception devant la décision de la Russie d’imposer une interdiction sur les importations d’animaux vivants en provenance de l’Union européenne ». Les autorités russes ont en effet décidé de suspendre temporairement à partir du 20 mars toutes les importations d’animaux vivants (bovins, ovins, caprins et porcins) et de matériel génétique en provenance de l’UE en raison de l’épidémie de virus de Schmallenberg qui touche les élevages de huit États membres (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Italie et Espagne). Les deux commissaires ont réaffirmé que, selon eux, cet embargo était « disproportionné » et « injustifié », appelant à sa levée immédiate. Ils ont envoyé un courrier commun aux autorités russes allant dans ce sens. Ils considèrent que la décision russe ne se fonde pas sur des données scientifiques. La Russie a interdit les importations de porcs alors qu’aucun de ces animaux n’a, jusqu’à présent, révélé de symptômes de la maladie.

Les pays baltes particulièrement inquiets
« Certaines justifications avancées par la Russie ne tiennent pas la route », a souligné le commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos à l’issue du Conseil agricole le 20 mars au cours duquel la Lettonie a alerté les ministres de l’Agriculture sur cette situation. Compte tenu de l’importance de leurs exportations vers la Russie, la Lettonie et l’Estonie sont en effet particulièrement touchées par la décision de la Russie. Les exportations d’animaux vivants de l’UE vers la Russie ont représenté 188 millions d’euros en 2011. L’interdiction que vient de mettre en place Moscou représenterait un manque à gagner d’environ 75 millions d’euros, estime Bruxelles. Mais la Russie ne pourra pas tenir très longtemps cette position étant donné que 90 à 95% de ses importations de porcs viennent de l’UE.
La Commission européenne estime que cette interdiction d’importation n’est pas en ligne avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ni avec les engagements formels de la Russie sur les questions sanitaires et phytosanitaires pris au cours des négociations sur l’adhésion de la Russie à l’OMC. En conséquence, la Commission européenne estime que « la Russie envoie un signal très négatif à ses partenaires commerciaux internationaux alors qu’elle s’apprête à entrer à l’OMC », soulignent John Dalli et Karel De Gucht dans leur communiqué.
Une quinzaine de pays tiers (Ukraine, Mexique, Egypte, Liban, Algérie, Japon, Maroc, Argentine, USA, Canada, Brésil, Bosnie Herzégovine, Belarus, Kazakhstan) ont par ailleurs mis en place des mesures de précaution face au virus de Schmallenberg (concernant principalement le matériel génétique des ruminants). Mais aucun de ces États n’a décrété une interdiction complète des importations d’animaux.

(1) Voir n° 3340 du 5/03/12 et n° 3342 du 19/03/12

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre