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Crise laitière Bruxelles et le commerce favorables à la remise du beurre d’intervention sur le marché

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La Commission européenne, soutenue par le négoce, veut profiter de la remontée des prix dans le secteur laitier pour commencer à remettre sur le marché certaines quantités de beurre se trouvant dans les stocks d’intervention. Mais un nombre significatif d’Etats membres serait opposé à ce projet qui devait être examiné lors du comité de gestion du 5 novembre. La Commission envisagerait aussi de livrer du beurre public dans le cadre des programmes d’aides en faveur des personnes les plus démunies de l’UE.

Compte tenu de la forte hausse des prix du beurre ces dernières semaines, la Commission européenne doit remettre sur le marché du beurre d’intervention afin de souligner qu’elle garde la haute main sur la gestion du marché, souligne en substance Eucolait, l’association européenne du commerce laitier. Dans une lettre envoyée récemment à la direction de l’agriculture, Eucolait avertit que l’absence de déstockage rapide constituerait une erreur risquant d’entraîner une forte augmentation des prix comme en 2007, alors que l’industrie recherche avant tout la stabilité des prix. De plus, le commerce attire l’attention sur le fait que les fabricants de produits alimentaires se tourneront vers les matières grasses végétales si les prix du beurre atteignent des niveaux trop élevés. Eucolait souligne par ailleurs que, même lorsqu’une adjudication est ouverte, la Commission exerce un strict contrôle sur les quantités de beurre sortant de l’intervention et qu’elle peut interrompre les ventes en cas de retournement du marché.
Le prix moyen du beurre dans les principaux pays producteurs européens est passé de 228 euros/100 kg fin août à 275 euros à la mi-octobre, avec des pointes à 308 euros au Danemark et à 327 euros en Belgique. 83 222 tonnes de beurre se trouvent dans les frigos publics de l’UE et 135 600 tonnes ont été placées sous contrat de stockage privé depuis le début de l’année.

La crise laitière brièvement évoquée au sommet européen
Le sommet européen des 29 et 30 octobre à Bruxelles a « encouragé » les ministres de l’agriculture de l’UE « à continuer de rechercher activement des solutions aux problèmes auxquels est confronté le secteur laitier ». Il a aussi « salué les initiatives que la Commission a prises en vue de stabiliser  » ce marché et « pris note » de la proposition visant à « atténuer les problèmes de liquidité les plus urgents » des producteurs « en débloquant 280 millions d’euros sur le budget de 2010 ». Enfin, les Vingt-sept « notent que la Commission a mis sur pied un groupe de haut niveau chargé de l’importante mission d’examiner les perspectives à moyen et à long terme ». Devant la presse, Nicolas Sarkozy, qui avait insisté pour que les conclusions de ce Conseil européen fassent référence à la crise laitière, a assuré que les chefs d’Etat et de gouvernement « ne laisseront pas les producteurs sans avenir ». « La Commission va hâter son travail de réflexion pour faire des propositions en matière de régulation agricole plus tôt qu’il n’était prévu », a également affirmé le chef de l’Etat.
De leur côté, les experts du Comité spécial agricole de l’UE (CSA) poursuivent leurs discussions sur les deux propositions de la Commission à visant à soutenir le secteur (modification du régime de rachat de quotas et extension de la clause de perturbation) (1). La possibilité de parvenir à un accord politique sur ces deux dossiers avant le prochain Conseil agricole de novembre n’est pas encore assurée.

(1) Voir n°3223 du 26/10/2009

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