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Nouveaux aliments Bruxelles et Washington font un premier pas vers l’utilisation du clonage

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La Commission européenne a proposé, le 14 janvier, d’instaurer une procédure d’autorisation pour les aliments issus d’animaux clonés . De son côté, la FDA (agence américaine de réglementation des produits alimentaires) a donné son feu vert pour leur commercialisation. Washington a toutefois demandé aux professionnels de « maintenir leur moratoire volontaire durant une période de transition ».

L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) et la FDA américaine, qui ont travaillé en étroite collaboration sur le dossier du clonage, sont arrivées à la même conclusion : les produits issus de clones sont peu susceptibles d’avoir un impact négatif sur la santé humaine.

« Sur la base d’un certain nombre de paramètres, dont des paramètres physiologiques et cliniques, des animaux clonés sains et leur descendance en bonne santé ne présentent aucune différence importante par rapport à leurs homologues traditionnels », estime l’EFSA, dans un projet d’avis qui fait l’objet d’une consultation publique jusqu’au 25 février prochain http : //www. efsa. europa. eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1178676923092. htm. Selon cette agence, l’impact négatif pour la santé et le bien-être des animaux de cette technologie va être réduit dans les prochaines années grâce aux progrès réalisés par la recherche.

« Risque très improbable »

De plus, « les produits alimentaires obtenus à partir de clones sains de bovins et de porcins, ainsi que de leur descendance, c’est-à-dire la viande et le lait, se situent dans les valeurs normales, en ce qui concerne la composition et la valeur nutritionnelle des produits similaires obtenus à partir d’animaux reproduits de manière classique ». L’EFSA considère donc qu’il est « très improbable qu’il y ait une quelconque différence en termes de sécurité des aliments entre les produits alimentaires issus de clones et de leur progéniture, par rapport à ceux dérivés d’animaux reproduits de manière classique ».

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Cadre juridique européen

Sans attendre le résultat de la consultation publique ouverte par l’EFSA, la Commission européenne a jugé nécessaire de lancer les démarches pour offrir un cadre juridique à ce procédé par le biais d’une révision de la législation sur les nouveaux aliments. D’une part, les Américains veulent pouvoir exporter leurs produits. Ils font planer la menace d’un nouveau bras de fer, identique à celui sur les OGM. D’autre part, explique en substance un expert européen, l’Europe entend, elle aussi, afficher sa bonne volonté auprès des industriels. Sa décision leur montre que leurs efforts de recherche et de développement seront récompensés par de réelles perspectives commerciales au sein l’UE.

« Informer les citoyens »

Pour les organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa et Cogeca), il n’y a pas lieu de se presser. « Il est indispensable d’informer les citoyens de l’état de la situation et de ne pas attendre que les produits issus de cette nouvelle technique se retrouvent dans les rayons », insiste Pekka Pesonen, leur secrétaire général. Les producteurs italiens sont parmi les plus hostiles, Sergio Marini, le président de la Coldiretti, l’un des principaux syndicats agricoles du pays ayant même annoncé que son organisation est prête à « une forte mobilisation pour empêcher que n’arrive dans les assiettes une réalité aussi hallucinante ». Quant au ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, il est « non seulement très prudent mais très, très réservé ». « Je ne suis pas partisan d’importer le modèle alimentaire américain », a-t-il indiqué, le 16 janvier, ajoutant, qu’en « Europe, nous avons notre propre modèle qui est fait de produits de qualité, de produits authentiques et de produits authentifiés ».

Bovins, porcs et chèvres clonés « sûrs », pour les Américains

Du côté américain, on estime que « la viande et les laitages provenant de bovins, de porcs et de chèvres clonés sont aussi sûrs que la nourriture que nous consommons tous les jours ». Toutefois, note la FDA, « il y a encore insuffisamment de données pour conclure que la viande et le lait d’ovins sont sûrs pour la consommation ». De plus, l’agence américaine a indiqué qu’elle ne demanderait pas d’étiquetage spécifique pour les produits d’animaux clonés. Les entreprises pourront le faire si elles le souhaitent. Pour le moment, les deux principales firmes américaines de clonage, Viagen et Trans Ova Genetics, ont produit environ 570 animaux clonés, essentiellement des bovins. Le sous-secrétaire à l’Agriculture, Bruce Knight a « encouragé » les entreprises à « maintenir leur moratoire volontaire durant une période de transition pour que le marché s’adapte ».