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Union européenne Bruxelles fait marche arrière sur l’huile d’olive

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Sous la pression des pays non producteurs d’huile d’olive, la Commission européenne a décidé de ne pas adopter son dispositif imposant au secteur de la restauration l’utilisation de bouteilles d’huile avec un système de protection qui empêche leur remplissage après épuisement du contenu.

Devant la forte opposition des États membres consommateurs d’huile d’olive, la Commission européenne a décidé de ne pas adopter une partie du plan d’action pour le secteur qu’elle avait proposé. « Depuis vendredi (le 17 mai, NDLR), et c’est pour ça que je suis devant vous aujourd’hui, j’ai vu et entendu plusieurs prises de position, fortes, contre certaines idées de cette proposition de règlement, venant notamment des États membres consommateurs d’huile d’olive. Il est clair à ce stade que cette mesure, ayant comme objectif d’aider les consommateurs, de mieux les informer et les protéger des tromperies, n’est pas formulée d’une manière à réunir un large soutien des consommateurs. J’ai décidé en conséquence, de retirer cette proposition et ne pas la soumettre pour adoption », a annoncé le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, le 23 mai.
Lors d’un vote en comité de gestion le 14 mai, une quinzaine d’États membres s’étaient prononcés pour ce plan qui prévoit de mettre en place de nouvelles normes de commercialisation : origine des produits plus lisible sur les étiquettes, et dispositions particulières pour le secteur de la restauration (bouteilles d’huile avec un système de protection qui empêche leur remplissage après épuisement du contenu) (1). Ces mesures sont proposées dans le cadre du plan d’action sur le secteur de l’huile d’olive présenté en juin 2012 (2), afin de venir en aide aux producteurs confrontés à des prix très bas. Le vote n’ayant pas permis de dégager une majorité qualifiée, la Commission européenne s’apprêtait à adopter le dispositif.

Allemagne et Royaume-Uni opposés à la mesure

C’est la fronde des pays non producteurs, Allemagne et Royaume-Uni en tête, estimant que ce dispositif était trop rigide, qui a fait reculer Bruxelles. Le commissaire a indiqué qu’il ferait une nouvelle proposition après avoir rencontré « dans les prochains jours les représentants des consommateurs, des restaurateurs et les producteurs ». Ces règles fonctionnent déjà dans certains États membres (au Portugal notamment), a pourtant souligné Dacian Ciolos qui a également pris comme exemple le cas du vin dont les bouteilles sont généralement ouvertes devant le consommateur dans un restaurant.
Pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE, ce demi-tour complet est inadmissible. « L’augmentation des coûts liés à cette mesure était négligeable. Il est totalement inacceptable que la Commission ait succombé aux pressions politiques, sans aucune discussion avec les États membres et l’industrie du secteur », dénonce le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen, dans un communiqué de presse.

(1) Voir n° 3399 du 20/05/2013
(2) Voir n° 3356 du 25/06/2012

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