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Politique de qualité Bruxelles hostile à toute gestion des volumes par les producteurs d’IGP

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La politique de qualité des produits agricoles ne doit en aucun cas devenir une politique de gestion des volumes de production, estime la commissaire européenne à l’agriculture. Mariann Fischer Boel refuse aux producteurs d’indications géographiques le droit d’assurer une gestion de la production une fois que les quotas laitiers et les droits à plantation dans le secteur du vin auront disparu à l’horizon 2014/2015.

«Il ne serait pas juste, selon moi, qu’un petit groupe de producteurs puisse utiliser les programmes (de qualité) pour exclure d’autres producteurs, uniquement parce qu’ils souhaitent réduire les quantités produites », a dénoncé la commissaire à l’agriculture, le 8 octobre, en clôturant, à Bruxelles, le quatrième forum sur la qualité des produits agricoles. « Autoriser ce genre de pratiques serait se mettre dans l’état d’esprit que les marchés sont comme un gâteau d’une taille bien définie qui peut être partagé entre producteurs. C’est une mauvaise approche », a poursuivi Mariann Fischer Boel, préférant parier sur la croissance de ces marchés. Toutefois, la commissaire a reconnu en substance que les nouveaux arrivants sur un marché d’indications profitaient de la notoriété et de la place acquise par les producteurs plus anciens.
Par ailleurs, la Commission européenne s’est montrée plus prudente sur l’idée de supprimer les appellations d’origine protégées (APO) et les spécialités traditionnelles garanties (STG) au profit des seules indications géographiques protégées (IGP), même si la commissaire européenne en a défendu le principe. « Un label unique serait beaucoup plus facilement reconnaissable pour les consommateurs, plus facile à faire fonctionner correctement et à promouvoir », a-t-elle indiqué.
Cependant, « la question mérite d’être bien pesée », a nuancé un haut fonctionnaire de la Commission, le lendemain, faisant valoir que « nous venons de modifier la couleur du logo AOP pour le différencier de celui des IGP » et « c’est maintenant, alors qu’ils deviennent effectivement obligatoires, que les logos commencent à être reconnus par les consommateurs ». « La réflexion doit donc se poursuivre », a-t-il conclu.
En revanche, la Commission persiste résolument dans sa volonté de fusionner les trois registres d’indication qui existent actuellement pour le vin, les spiritueux et les autres produits agricoles, malgré les réticences des professionnels. Cette étape est jugée « logique » par Mme Fischer Boel car elle permettrait, selon elle, de réduire de nombreux contentieux d’ordre juridique et de clarifier les notions spécifiques à chacun des registres.

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