Abonné

VIANDE OVINE/UE Bruxelles instaure un nouveau forum pour réfléchir à l'avenir de la filière ovine

- - 4 min

C'est dans un contexte global de baisse de la consommation de viande ovine en Europe que s'inscrit la récente décision du commissaire européen à l'agriculture, l'Irlandais Phil Hogan, de mettre sur pied un Forum sur l'avenir de la filière ovine dans l'Union européenne. Un forum dont la mission principale sera de réfléchir sur le développement futur de la filière ovine dans l'UE avec les acteurs économiques clés des secteurs public et privé. Un rapport final, sous forme de recommandations pour l'avenir de la filière ovine, est attendu pour l'été 2016.

Mis sur pieds par Phil Hogan et présidé par un autre Irlandais, John Bryan, représentant des producteurs (et ancien président de l'Association des agriculteurs irlandais), le nouveau Forum sur l'avenir de la filière ovine organisera ses travaux sous forme d'ateliers où seront impliqués tous les représentants de la filière de l'amont à l'aval, ainsi que des délégués des Etats membres de l'UE qui ont une industrie de la viande ovine significative. Une rencontre préparatoire aura lieu d'ici la fin de ce mois d'octobre et la première réunion du Forum se tiendra à la mi-novembre avec pour thème central l'identification des principales perspectives et des défis de la filière ovine de l'UE en termes de production, de compétitivité et de commercialisation. Les membres du Forum mettront également l'accent sur la durabilité économique, sociale et environnementale de la production ovine. Deux autres ateliers sont prévus en 2016 autour de thèmes spécifiques qui seront développés par des experts indépendants, lesquels devront aider à orienter les discussions et les considérations du groupe. A l'issue de ses travaux, le Forum devra rédiger un rapport final à la mi2016, accompagné d'un ensemble de recommandations relatives à l'avenir de la filière ovine dans l'Union européenne.

UNE CONSOMMATION DE VIANDE OVINE EN RADE

La durabilité de la production de viande ovine à l'échelle européenne serait plus que jamais menacée, si l'on en croit les professionnels du secteur. Le cheptel ovin est en déclin depuis 2001, de même que le nombre d'éleveurs vu la structure d'âge et les difficultés économiques. Le niveau de consommation moyen de viande ovine, constitué pour l'essentiel par la viande d'agneau, est relativement bas en Europe (2,8 kg/tête). Avec près de 98 millions de têtes en 2013 (enquête de décembre 2013: 85% de moutons et de 14 % de chèvres) et une production annuelle totale d'environ 925 000 tonnes de poids carcasse (1), l'UE est loin d'être auto-suffisante pour ce secteur. Une autonomie qui atteint à peine 88%, tandis que les importations dépassent les 212 000 tonnes principalement en provenance de Nouvelle-Zélande et d'Australie (94 % des importations), soit environ le quart de la consommation propre de l'UE.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre

UNE CONCURRENCE INTERNE ET EXTERNE DISPROPORTIONNÉE

La compétitivité dans le secteur de la production de viande ovine ne pourra être fondée sur une mise en concurrence directe avec les principaux pays exportateurs de viande ovine dont les coûts et les normes de production restent nettement inférieurs par rapport à l'Europe. Les importations de viande ovine proviennent pour l'essentiel d'Océanie (Nouvelle-Zélande et Australie). Cette viande, principalement sous forme réfrigérée, franchit des distances de plusieurs milliers de kilomètres et arrive souvent en Europe aux moments cruciaux pour la valorisation la plus forte de la production européenne (Pâques, fêtes de fin d'année). Elle exerce une pression à la baisse des prix de l'agneau européen. Sur le marché intérieur, la concurrence avec les autres types de viande (bovine et porcine) est rude car ceux-ci sont moins chers à la consommation. Ces tendances peu encourageantes risquent de s'amplifier au cours des prochaines années. Il est dès lors plus qu'urgent d'agir, selon certains, si la Commission européenne veut vraiment préserver un élevage ovin d'envergure économique en Europe.

(1) Le Royaume-Uni (principalement l'Ecosse), l'Espagne, la Grèce et la France sont les principaux États membres producteurs. Ces quatre pays représentent déjà ensemble 68 % de la production totale de l'UE. La Roumanie, l'Irlande, l'Allemagne et l'Italie comptent pour un autre 22 %, ce qui laisse un petit 10 % pour tous les Etats membres restants.