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Producteurs de céréales « Bruxelles ne tient pas compte des conclusions du G20 agricole »

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Si la récolte céréalière n’est pas aussi catastrophique qu’on pouvait le prévoir au printemps, les coûts de production sont élevés, atteignant les niveaux de 2009, a affirmé Philippe Pinta, président de l’AGPB, à l’occasion d’une conférence de presse le 6 septembre. La campagne de commercialisation s’annonce plutôt favorable, d’autant que la qualité de la récolte est au rendez-vous. Les marchés mondiaux sont porteurs et la France pourrait avoir à importer du blé fourrager pour être en mesure de valoriser le maximum de production en blé meunier, à l’exportation surtout. Un motif d’inquiétude : la réforme prévue de la Pac pour laquelle « Bruxelles ne tient pas compte des conclusions du G20 agricole ».

«La Commission européenne semble rester sourde aux conclusions du G20 agricole », a regretté Philippe Pinta, président de l’AGPB (Association des producteurs de blé), à l’occasion d’une conférence de presse réunie le 6 septembre. Selon lui, l’esprit du G20, qui consistait à prôner une vraie régulation des marchés agricoles, est totalement absent des dernières propositions de la Commission européenne en prélude à la réforme de la Pac. Il y voit surtout « un verdissement des aides Pac qui, pour 30 % de leur budget, nous paraît excessif ». D’autant que pour ce verdissement, une inconnue existe quant aux rôles respectifs des États et de l’Union européenne, ce qui laisse craindre des distorsions de concurrence.

Commercialisation bien partie

Philippe Pinta a également commenté la campagne céréalière actuelle qui ne semble pas trop mal partie en termes de commercialisation et qui justifiera sans doute « des importations de blé fourrager pour pouvoir valoriser le maximum de blé meunier à l’exportation ». Concernant cette campagne, « la clé, ce sont les perspectives de récolte de maïs aux États-Unis », estime le président des céréaliers. Celle-ci pourrait influer sur l’équilibre des marchés céréaliers au niveau mondial, compte tenu de la faiblesse des stocks. La demande mondiale encore soutenue incite les céréaliers à privilégier la capacité de produire du blé de manière compétitive. Pourtant, selon Philippe Pinta, les charges restent encore élevées, les charges globales pour une exploitation moyenne représentant encore plus de 162 000 euros contre 154 400 en 2010 et pas loin des 164 900 en 2009. Si le poids des phytos est relativement maîtrisé car il n’y a pas eu de forte pression parasitaire, le recours aux engrais aurait représenté 22 000 euros environ contre 18 200 euros en 2010. Et, surtout, le poste carburant serait passé de 5 800 euros en 2009 à 5 500 en 2010 pour exploser à plus de 7 000 euros en 2011.

Stagnation des rendements

Autre souci, la stagnation des rendements sur les 15 dernières années pour le blé. « Si on avait continué à augmenter au même rythme, nous aurions pu gagner 150 euros par hectare », regrette Philippe Pinta. Les perspectives de réforme de la Pac sont d’autant plus préoccupantes. Outre le verdissement, la convergence des aides au niveau européen et de chaque pays inquiète. « On accepte l’idée d’aller vers la convergence mais il faut nous laisser le temps de s’adapter ». La situation risque d’être assez confuse, tous les cas de figure se présentant, certains DPU baissant de 25% et d’autres restant stables. D’où la nécessité d’avoir entre 7 et 9 ans pour intégrer le nouveau système de DPU en France selon les céréaliers. Une baisse qui va rendre d’autant plus nécessaire l’outil qu’est l’assurance récolte. Les céréaliers souhaiteraient que le seuil de déclenchement soit de -20% de la récolte et non de -30%. Ce à quoi Stéphane Gin, responsable des assurances agricoles chez Groupama, répond qu’il existe des contrats de ce type mais qu’il appartient aux pouvoirs publics d’adapter le système d’allègement des primes pour éviter que cela ne coûte plus cher.

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