Bien que totalement isolée à l’issue d’un vote indicatif intervenu le 27 mars au sein d’un groupe d’experts européen, la France a marqué son opposition au projet de la Commission européenne de rendre possible la fabrication de vin de table rosé par mélange de vin rouge et de vin blanc. « Ce point précis n’est pas négociable », a indiqué le 29 mars Michel Barnier, le ministre français de l’agriculture. Mais, dès le lendemain, la Commission européenne faisait savoir qu’elle ne voulait pas rouvrir les discussions.
«Pour le moment, Mme Fischer Boel est déterminée à garder l’accord sur la réforme du secteur du vin », a indiqué le 27 mars un porte-parole de la Commission, en rappelant que les votes sur ces sujets se décidaient à la majorité qualifiée. C’est le 24 mars que le comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE a procédé à un vote indicatif sur la proposition de de règlement sur les indications d’origine protégée, sur les désignations traditionnelles, l’étiquetage et la présentation des vins. Seule la France s’est abstenue pour marquer son opposition au projet de Bruxelles de rendre possible la fabrication de vin rosé sans indication géographique par mélange de vin rouge et de vin blanc afin d’aligner les règles européennes sur les normes œnologiques reconnues au niveau international par l’Organisation internationale du vin (OIV). La pratique du coupage est déjà utilisée par les principaux concurrents de l’Europe dans le monde.
Dans un souci de compromis, la Commission a laissé le choix aux Etats membres d’appliquer un étiquetage spécifique pour les rosés traditionnels et un autre pour ceux produits par coupage. Les Etats membres auront la possibilité de rendre ces inscriptions obligatoires sur les rosés produits sur leur territoire. Le vote formel par les experts des Vingt-sept est prévu le 27 avril.
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Un élu du Maine-et-Loire offre du rosé d’Anjou à Mme Fischer Boel
Christophe Béchu, président UMP du conseil général du Maine-et-Loire, a envoyé une bouteille de rosé d’Anjou à Mme Fischer Boel « afin qu’elle mesure toute l’absurdité de son projet de rendre possible la fabrication du vin rosé par coupage ». « En tant qu’élu d’un territoire producteur de vins rosés, issus de vignobles d’appelation d’origine contrôlée et élaborés selon un mode de macération spécifique », M. Béchu – tête de liste UMP aux élections européennes de juin dans l’Ouest – exprime son opposition résolue à cet assouplissement des normes œnologiques sur le rosé.