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Comité de gestion Bruxelles n’entend pas s’ingérer dans la gestion du marché des céréales

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Malgré les pressions de plusieurs acteurs de la filière de l’élevage et de l’Espagne pour la remise sur le marché des 5 millions de tonnes entreposées dans les silos publics, la Commission européenne a écarté pour le moment toute intervention dans le secteur céréalier pour faire face à l’envolée des prix, en particulier du blé. La situation dans l’UE ne peut pas être considérée comme tendue et la hausse des prix est due à la forte demande sur le marché mondial, explique-t-on dans les services agricoles de la Commission.

Lors du comité de gestion du 26 août, la Commission européenne n’a pas montré de signe d’inquiétude pour le marché céréalier dans l’immédiat. Selon elle, on disposera d’une image plus claire de la situation après la récolte de maïs, peut-être en octobre. L’Espagne aurait été le seul Etat membre à réclamer la remise rapide sur le marché des stocks d’intervention. Selon les dernières estimations des experts européens, la récolte céréalière dans l’UE-27 s’établirait entre 275 et 277 millions de tonnes et, sur cette base, en prenant en compte les importations et les stocks publics et privés, les disponibilités totales se situeraient à 340 millions de tonnes. Etant donné que les utilisations totales sont estimées à moins de 280 millions de tonnes, on ne peut pas parler de situation « tendue » sur le marché, indique un expert européen. La Commission souligne également que les exportations sont très élevées pour cette période de l’année. Une augmentation due principalement à l’interdiction des exportations russes, à la suspension de facto des exportations ukrainiennes (1), aux récoltes plus faibles qu’habituellement en Algérie et en Tunisie ainsi qu’à des ventes précoces à l’Egypte et à la Jordanie.

Une situation différente de celle de 2007

Les experts bruxellois se veulent sereins face à l’envolée des prix du blé et, selon eux, la situation est totalement différente de celle de 2007, car à l’époque, les stocks des principaux pays exportateurs avaient significativement diminué et totalisaient 31 millions de tonnes. Aujourd’hui, ces stocks représentent 175 millions de tonnes de céréales. L’UE étant « exportateur net », de l’ordre de 12 à 20 millions de tonnes, la réduction de la production russe n’aura donc aucun impact pour l’UE, car elle ne dépend pas des céréales russes, fait-on valoir à Bruxelles. L’UE importe entre 0,3 et 0,8 million de tonnes de céréales de Russie et entre 1,5 et 2 millions de tonnes de blé de haute qualité des Etats-Unis. L’augmentation des prix est liée à la révision continue à la baisse de la production russe et à une production faible attendue au Canada, souligne-t-on de même source à Bruxelles. Elle est également causée par la spéculation, certains vendeurs misant sur une hausse des prix, ajoute-on. Selon les prévisions des experts agricoles de l’UE, les exportations de blé des Etats-Unis devraient être de l’ordre de 30 millions de tonnes cette année, celles de l’Australie sont estimées à 15 millions de tonnes et celles de l’Argentine à 8 millions de tonnes.

(1) voir Agra Presse même numéro

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