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Produits laitiers Bruxelles n’exclut pas un assouplissement des règles de concurrence

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A l’occasion de la conférence sur l’avenir du secteur laitier prévue le 26 mars à Bruxelles, la Commission européenne pourrait mettre sur la table des options dans le but d’assouplir quelque peu les règles de concurrence de l’UE en vue d’améliorer la position des producteurs de lait au sein de la filière. Ce sujet hautement sensible a déjà été abordé lors des réunions mensuelles du groupe d’experts à haut niveau qui réfléchit depuis octobre à des solutions à moyen et long terme pour le secteur.

Comme l’a montré la dernière réunion des experts des Etats membres, le 16 mars, les discussions ont quelque peu progressé sur les relations contractuelles entre agriculteurs et transformateurs, le pouvoir de négociation des agriculteurs et les instruments de soutien du marché, notamment en cas de crise. Si une nette majorité semble à présent se dégager sur certains de ces dossiers, la question délicate des exceptions qui pourraient être accordées aux producteurs de lait en matière de concurrence reste très ouverte. La Commission se demande en particulier si d’éventuels assouplissements doivent être limités dans le temps ou envisagés sur une base permanente. Lors de la réunion du 16 mars, les transformateurs (EDA), le commerce (Eucolait) et les organisations agricoles ont eu l’occasion d’intervenir devant les experts. Le Copa-Cogeca a souligné notamment l’importance de disposer de normes claires de commercialisation, d’étiquetage et de qualité au niveau de l’UE. Soulignant que les producteurs européens sont tenus de respecter des normes très exigeantes, le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen, a indiqué que « les produits doivent être clairement étiquetés pour que les consommateurs puissent faire des choix éclairés lors de leurs achats ».

Marché du beurre toujours à la peine
Par ailleurs, après avoir plaidé pour le renforcement du régime européen de distribution de lait dans les écoles, le Copa-Cogeca a mis en avant la nécessité d’investir davantage dans la recherche et l’innovation pour que le secteur laitier européen reste compétitif à l’avenir.
Enfin, très en pointe depuis le début de la crise laitière, l’European Milk Board (EMB), plaide pour l’établissement d’une agence européenne de surveillance composée de tous les acteurs de la chaîne (producteurs, industriels, détaillants, consommateurs et politiques).
Après l’extrême volatilité des prix constatée de 2007 à 2009, la situation du marché européen du lait semble retrouver un rythme saisonnier plus rationnel. On s’attend à un léger fléchissement des prix jusqu’en avril/mai puis à une reprise à la hausse par la suite. Les dernières données disponibles montrent que la collecte de lait s’est stabilisée dans tous les Etats membres, y compris en Allemagne. Mais on constate également avec appréhension à Bruxelles que le marché du beurre est toujours à la peine. La nouvelle campagne de stockage privé vient de démarrer au 1er mars, sans qu’il y ait une interruption dans les achats contrairement aux années précédentes. Les experts ne croient pas pour autant à une reprise de l’intervention dans l’immédiat. En mai, 51 000 tonnes de beurre (sur 76 000 tonnes) seront libérées des stocks publics dans le cadre du programme d’aide aux plus démunis.

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