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Questions sanitaires Bruxelles peine à pacifier les relations commerciales avec Moscou

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La commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, a reconnu, le 15 décembre, devant les ministres européens de l'agriculture, qu'il est difficile de dire « quand et dans quelles conditions » les portes de la Russie se rouvriront pour les entreprises européennes dont les produits ont été refoulés par les services vétérinaires russes. Malgré une certaine embellie, par exemple, pour les exportations communautaires de porc en 2009, l'incertitude reste permanente.

La Commission européenne ne parvient pas à lever durablement l'incertitude qui pèse sur les exportations communautaires de produits alimentaires vers la Russie, et ce, malgré des mois de dialogue avec Moscou. Les dernières discussions avec le chef des services vétérinaires russe,s Serguei Dankvert, le 12 décembre dernier, n'ont pas permis d'éclaircir la situation. C'est pourquoi la commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, a indiqué aux ministres européens, le 16 décembre à Bruxelles, qu'il fallait absolument faire preuve de « solidarité ». La commissaire redoute notamment que certaines capitales décident de traiter directement avec la Russie pour obtenir un traitement préférentiel.
Lors du Conseil agricole, les Pays-Bas se sont plaint du maintien par Moscou d'entraves à l'entrée de produits végétaux sur le territoire russe. Les limites maximales de résidus de produits phytosanitaires restent, semble-t-il, l'un des leviers favoris de la Russie pour limiter les arrivages de céréales, de fruits et légumes ou de fleurs sur son territoire.
Pour sa part, la Lituanie a fait part de ses craintes quant à l'éventuel coup d'arrêt de ses exportations vers la Russie de porcelets vivants, à partir de l'an prochain, un marché qui devrait représenter au total quelque 700 000 têtes en 2009. Selon le ministre lituanien, Kazys Starkevicius, Moscou pourrait relever les droits de douanes de 5 à 40% dès le 1er janvier prochain. L'Allemagne et la Pologne ont aussi, de leur côté, souligné leur préoccupation sur cette question.
Mme Vassiliou a souligné que « la Commission maintient un dialogue continu avec les autorités russes pour éviter les perturbations commerciales ». Elle dénonce l'attitude des « autorités sanitaires et phytosanitaires russes (qui) continuent d'imposer des restrictions sur les exportations alimentaires européennes » d'origine animale ou végétale. Ces pratiques commerciales sont « disproportionnées », a-t-elle déploré, évoquant le cas de plusieurs exportateurs européens rayés de la liste des opérateurs agréés pour des « irrégularités très mineures ».
Face à cette situation de blocage, les exportateurs examinent à présent la possibilité de se faire systématiquement épauler par un « conseiller » russe qui pourrait faciliter les relations avec les services vétérinaires russes. Ces collaborations seraient purement « informelles », explique un expert pour le moins sceptique sur cette alternative aux négociations menées par la Commission.

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