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Dioxine Bruxelles prête à réglementer contre de nouvelles contaminations à la dioxine

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Face au scandale de la contamination à la dioxine outre-Rhin qui a pris de l’ampleur avec la suspension des importations chinoises d’œufs et de porcs originaires d’Allemagne, la Commission européenne tente d’imposer des règles plus strictes aux fabricants d’aliments pour animaux. Si l’industrie n’est pas en mesure de mettre rapidement un projet sur la table pour éviter la dispersion de graisses industrielles contaminées à la dioxine dans la chaîne alimentaire, la Commission européenne envisage de mettre en place en place une réglementation au niveau européen.

La Commission européenne, qui a rencontré le 10 janvier à Bruxelles les représentants de l’industrie, a été déçue, car « aucune proposition concrète n’a été présentée » pour mettre en place des dispositifs de contrôle destinés à éviter de nouvelles contaminations à la dioxine. Les industriels ont été priés de revenir avec des propositions d’ici fin janvier pour qu’un dispositif puisse être mis en en place sur une base volontaire. Si tel n’est pas le cas, la Commission envisage de réglementer au niveau européen. La ministre allemande de l’agriculture, Ilse Aider, a annoncé son intention de proposer au niveau européen une interdiction de produire sur un même site à la fois des produits destinés à l’alimentation des animaux et des graisses « techniques » destinées à l’industrie ainsi qu’un « durcissement des procédures d’agrément pour les fabricants de compléments alimentaires pour animaux ».
La société allemande Harles und Jentzsch, qui se trouve à l’origine du scandale, a déposé son bilan le 12 janvier. Une enquête a été ouverte par la justice allemande pour déterminer comment et pourquoi cette entreprise a utilisé des graisses contaminées à la dioxine exclusivement destinées à des usages industriels pour fabriquer des graisses destinées à l’alimentation animale qui ont été achetées par dix-neuf sociétés productrices d’aliments pour animaux. Environ 3 000 tonnes de graisses ont été livrées à vingt-cinq clients qui les ont utilisées pour produire 150 000 tonnes de compléments alimentaires pour animaux distribués à travers toute l’Allemagne. Le 12 janvier, 490 élevages étaient encore fermés par mesure de précaution, en attendant les résultats de tests pour détecter la présence de dioxine. Au plus fort de la crise , le 7 janvier, des contrôles étaient effectués sur 4 700 élevages. Au 11 janvier, des taux de contaminations supérieurs à ceux autorisés avaient été découverts au sein de dix-huit élevages de poules pondeuses et d’un élevage de porcs. Après la destruction début janvier de 100 000 œufs contenant des traces de dioxine, les autorités sanitaires tentaient toujours le 13 janvier de localiser la viande provenant de 180 porcs nourris avec des aliments frelatés. Quant aux 140 porcs encore présents dans l’exploitation contaminée, ils ont été abattus et leurs carcasses brûlées.

La Chine suspend les importations
L’administration chinoise chargée de la quarantaine et de la qualité des produits alimentaires a annoncé le 12 janvier la suspension des importations d’œufs et de porcs allemands. Les produits en voie d’acheminement subiront des tests à leur arrivée en Chine pour voir s’ils sont contaminés à la dioxine, ont indiqué les Chinois. Les exportations de porc allemand vers la Chine sont modestes. 7 000 tonnes ont été vendues en 2009, sur 2,2 milliards de tonnes écoulées dans le monde entier, le plus grand client de l’Allemagne étant la Russie. La Corée du sud, de son côté, a suspendu ses importations de porc allemand dès le 9 janvier, tandis que la Russie et le Japon ont renforcé leurs contrôles. En revanche, la Slovaquie, qui avait suspendu la vente d’œufs et de volailles allemands, a levé cette restriction.

Des lots contaminés vendus en France et au Danemark
Des lots d’aliments pour animaux contaminés en Allemagne ont été vendus en France et au Danemark à des élevages de poules pondeuses. Mais les taux de contamination étaient de 0,75 nanogrammes par kilogramme, soit très inférieurs aux taux autorisés dans l’UE, a précisé le porte-parole de la Commission. Neuf tonnes d’œufs de poules pondeuses allemandes potentiellement contaminés ont également été livrés début décembre à une société aux Pays-Bas pour un usage industriel. Une partie de ces œufs a été expédiée le 12 décembre à deux fabricants au Royaume-Uni, Kensey Foods en Cornouailles et Memory Lanes Cakes à Cardiff, une division du groupe Finsbury. Selon le porte-parole de la Commission européenne, la contamination est « très faible » et ne représente « pas de danger immédiat pour les consommateurs ».

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