La Commission européenne a proposé le 8 juillet aux ministres de l’agriculture de l’UE la mise en place au début de l’année scolaire 2009/2010 d’un programme de distribution de fruits et légumes en faveur des écoliers de 6 à 10 ans doté d’un budget de 90 millions d’euros. L’objectif est de contribuer à la lutte contre l’obésité qui se développe de manière inquiétante chez les jeunes du fait notamment d’une alimentation déséquilibrée.
La Commission propose de consacrer annuellement, à partir de l’an prochain, 90 millions d’euros pour la distribution gratuite de fruits et légumes dans les écoles. Les programmes seront cofinancés à raison de 50 %, ou de 75 % dans les régions dites « de convergence ». Les Etats membres auront le choix d’y participer ou non. Ces crédits ne pourront pas servir à remplacer le financement national existant, mais sont destinés à encourager des activités supplémentaires, en relation avec les programmes en place, ou totalement nouvelles. Les États membres pourront ajouter des fonds supplémentaires s’ils le souhaitent. Les autorités nationales seront tenues d’élaborer une stratégie nationale, en liaison avec les autorités publiques chargées de la santé et de l’éducation et en association avec l’industrie et les parties intéressées, stratégie qui sera adaptée aux préférences nationales. La Commission propose également d’encourager la mise en réseau des différents programmes, en débloquant un crédit de 1,3 million d’euros.
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Un constat alarmant
Ce programme de promotion s’inscrit dans le cadre de la « stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité ». « Il est essentiel d’inculquer de bonnes habitudes aux enfants dès leur plus jeune âge parce qu’ils les garderont plus tard », a indiqué Mme Mariann Fischer Boel, commissaire chargé de l’agriculture. Les études montrent que les bonnes habitudes alimentaires se forment pendant l’enfance. Les enfants qui mangent beaucoup de fruits et légumes restent plus tard de grands consommateurs de ces produits. Ceux qui en mangent peu ne modifient généralement pas leur comportement par la suite et transmettent leurs habitudes à leurs propres enfants. Les experts s’accordent sur le fait qu’une alimentation saine peut jouer un rôle fondamental dans la réduction des taux d’obésité et du risque, à un âge plus avancé, de problèmes de santé graves. La consommation de quantités suffisantes de fruits et légumes est essentielle à cet égard. L’Organisation mondiale de la santé recommande une consommation nette journalière de 400 grammes de fruits et légumes par personne. Seuls 17 % des enfants atteignent cette norme. Le taux de consommation moyenne de ces aliments essentiels pour la santé dans l’UE est tombé à moins de 385 grammes aujourd’hui, alors qu’il était supérieur à 400 dans les années 90. La portion moyenne pourrait encore se réduire et passer sous la barre des 360 grammes d’ici 2010. Pas moins de 22 millions d’enfants sont déjà en surcharge pondérale dans l’Union. Plus de 5 millions d’entre eux sont obèses et ce chiffre devrait augmenter de 400 000 chaque année, indique Bruxelles. La situation est particulièrement préoccupante en milieu scolaire où fruits et légumes ne sont mis à la disposition que de 22 % des élèves.