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Maïs Bruxelles propose de mettre fin à l’intervention à partir de 2007/08

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La Commission européenne devait adopter le 11 décembre, par procédure écrite, une proposition au Conseil des ministres de l’Union en vue de mettre fin à l’intervention sur le maïs à partir de la campagne 2007/08. Une compensation va être offerte à la Hongrie qui est l’Etat membre le plus directement touché par la suppression de cet outil de gestion. La Commission va, en effet, proposer d’alléger au cours des deux prochaines années les coûts financiers résultant des achats publics de blé tendre et d’orge dans les Etats membres ayant des taux d’intérêt élevés.

Après avoir bloqué la procédure pendant plusieurs jours, le commissaire hongrois Laszlo Kovacs a finalement accepter de donner son feu vert à la proposition présenté par Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, d’abandonner l’intervention sur le maïs à partir de la prochaine campagne. Une mesure surtout pénalisante pour la Hongrie. C’est pourquoi, à titre de compensation, la Commission a décidé de soumettre, parallèlement à sa proposition d’abandon de l’intervention sur le maïs, une proposition de modification temporaire des conditions de financement par le budget agricole européen des frais financiers pour les fonds mobilisés par les Etats membres pour l’achat à l’intervention. Cette mesure, explique-t-elle, a pour but d’alléger en 2007 et 2008 les coûts additionnels pour ces opérations de stockage dans les Etats membres, comme la Hongrie, ayant des taux d’intérêt élevés. Ces deux propositions, poursuit-elle, sont liées et devront être adoptées simultanément par les Vingt-cinq.

La Commission devrait s’employer à obtenir une décision rapide des ministres de l’Agriculture afin que les producteurs soient en mesure de procéder à leurs ensemencements pour la campagne 2007/08 en toute connaissance de cause. La Commission a aussi tenu à agir vite de manière à ce que la Roumanie et la Bulgarie ne puissent pas profiter du régime d’intervention pour le maïs. Elle souligne à ce propos que le prix d’intervention actuel serait « attrayant » pour les producteurs de ces deux pays qui deviendront membres de l’UE le 1er janvier prochain. Même si ces deux pays disposent de ports maritimes, les infrastructures de transport intérieures reliant les zones de culture aux installations portuaires sont généralement sous-développés, si bien que la mise à l’intervention systématique de grandes quantités de céréales pourrait constituer une option rentable pour les opérateurs, souligne la Commission.

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La proposition met également en relief le fait que la suppression des achats publics sur le maïs permettra au marché céréalier de l’Union de trouver un nouvel équilibre et au système d’intervention de « renouer avec son rôle de filet de sécurité ». Selon Bruxelles, l’expérience acquise avec le seigle, qui a été retiré de l’intervention en 2003, a permis « une redynamisation du marché, une production davantage axée sur le marché et des prix plus rémunérateurs pour les producteurs ».

Une proposition « incompréhensible », pour les professionnels européens

« Nous voulons un vrai débat sur les instruments de politique agricole et un débat global », ont déclaré les organisations professionnelles agricoles et coopératives de l’UE (Copa et Cogeca). Les présidents de ces deux organisations, Rudolf Schwarzböck et Donal Cashman, estiment que vouloir supprimer un outil de gestion de marché dès l’année prochaine « n’est pas cohérent». « La Commission, poursuivent-ils, nous dit d’un côté que l’intervention sera discutée dans le cadre du bilan de santé en 2008. D’un autre côté, elle propose la suppression quasi immédiate de l’intervention pour le maïs. C’est incompréhensible ». Le Copa et le Cogeca espèrent que les Vingt-cinq refuseront « cette proposition en l’état ».