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Produits laitiers Bruxelles propose de prolonger l’intervention sur le beurre et la poudre

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Aucun signe tangible d’amélioration du marché laitier n’étant perceptible, la Commission européenne a proposé le 8 juillet de maintenir les portes de l’intervention ouvertes sur le beurre et le lait écrémé en poudre, si nécessaire, jusqu’en février 2011. L’aide au stockage privé du beurre serait également prolongée jusqu’en 2010. Cette mesure exceptionnelle sera discutée le 13 juillet à Bruxelles par les ministres de l’agriculture de l’UE qui doivent débattre le 7 septembre du rapport de la Commission européenne sur la situation du marché laitier dont l’adoption est prévue le 22 juillet.

En proposant de maintenir l’intervention ouverte, la Commission veut transmettre « un signal de confiance dans l’avenir » du marché laitier. Dans un premier temps, Bruxelles veut prolonger au-delà du délai normal (31 août) les achats publics par procédure d’adjudication sur le beurre et la poudre produits jusqu’au 28 février 2010. Mais, compte tenu de l’incertitude quant au temps qu’il faudra pour que le marché se reprenne, la Commission demande aux Vingt-sept de l’autoriser à maintenir l’intervention jusqu’en février 2011, si la situation du secteur l’exige. La Commission explique que « la clôture de l’intervention au 31 août 2009, comme le prévoit le règlement sur l’OCM unique, pourrait entraîner une chute des prix sous le niveau d’intervention, provoquant un sérieux trouble sur le marché, qui pourrait avoir des répercussions sur des prix sortie exploitation déjà très bas ». Par ailleurs, le régime d’aide au stockage privé du beurre sera prolongé jusqu’au 28 février 2010.
27 millions d’euro
En se basant sur les prévisions de consommation et de production, la Commission estime à 50 000 tonnes de lait écrémé en poudre et à 31 000 tonnes de beurre les quantités qui seront stockées à l’intervention de septembre 2009 à février 2010. La Commission a prévu un budget de 12,5 millions d’euros pour le beurre et de 14,4 millions d’euros pour la poudre. Ces fonds seront prélevés sur les exercices budgétaires 2010 à 2012. 81 000 tonnes de beurre et 203 000 tonnes de lait écrémé en poudre ont déjà été portées à l’intervention entre le 1er mars et le 25 juin 2009.
La baisse des prix sur le marché mondial a eu une incidence directe sur les prix du marché communautaire, le litre de lait étant passé de 30-40 centimes à environ 21 centimes, soit le niveau de filet de sécurité de l’UE, est-il indiqué dans la proposition de la Commission. Cette dernière reconnaît « qu’à ce niveau, les prix permettent peut-être de couvrir certains coûts de production variables, mais pas les coûts fixes supportés par nombre de producteurs laitiers moins rentables, et encore moins la totalité des coûts liés au terrain, à la main d’œuvre et au capital ».
Initiative franco-allemande
A l’issue d’une rencontre le 2 juillet à Stuttgart, les ministres français et allemand de l’agriculture, Bruno Le Maire et Ilse Aigner , ont adressé une lettre commune à Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, dans laquelle ils soulignent la nécessité de mettre en place « de nouvelles formes de régulation à l’échelle européenne » pour que le secteur laitier « ne dépende pas uniquement des seules règles du marché » . Les deux pays ont souhaité que le rapport sur le marché laitier que la Commission présentera le 22 juillet prochain « ne ferme pas la porte à un gel éventuel de l’augmentation des quotas laitiers prévue pour 2010 dans le cadre du bilan de santé », les quotas laitiers augmentant mécaniquement de 1% chaque année avant leur disparition prévue fin mars 2015. M. Le Maire, qui a rencontré le 3 juillet à Bruxelles, José Manuel Barrosso, le président de la Commission européenne, a néanmoins estimé que « les quotas ne sont pas solution à la crise. Si les quotas marchaient, a-t-il indiqué, les producteurs n’auraient pas des revenus indécents ».
Le rapport de la Commission sur le lait sera examiné en urgence après les vacances par les ministres de l’agriculture de l’UE, la présidence suédoise de l’UE ayant avancé du 28 au 7 septembre la date du premier Conseil agricole de la rentrée.
La lettre franco-allemande précise également qu’il « serait utile de revaloriser les restitutions sur les exportations de fromages ». La Lituanie a déposé une demande en ce sens qui sera examinée lors du Conseil agricole du 13 juillet. Les Lituaniens font notamment valoir que, contrairement à beaucoup d’autres produits laitiers, les restitutions sur les fromages n’ont pas augmenté depuis qu’elles ont été réintroduites en janvier 2009. La Lituanie souhaite en particulier regagner des parts de marché sur la Russie et le Belarus, qui ont dévalué leur monnaie.

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