La Commission européenne devait décider cette semaine de ne pas accorder les subventions réclamées par la France et l’Italie pour la distillation de crise, utilisée pour éponger la surproduction de leurs vignobles. La Commission ne souhaite pas encourager la production d’excédents de vin et entend pour l’heure limiter les volumes et le niveau de prix de ces opérations de distillation puis les supprimer à terme dans le cadre de la réforme de l’OCM vin.
Le comité de gestion vin, composé d’experts nationaux et de membres de la Commission, qui devait se réunir le 7 juin, a mis à l’étude les demandes françaises et italiennes . « La Commission va alors proposer combien d’hectolitres elle veut distiller et à quel prix », avait indiqué la veille un porte-parole.
La France demande à Bruxelles des subventions pour «la distillation de crise» de 2 millions d’hectolitres de vin de table et 2 millions d’hectolitres de vin de qualité. L’Italie pour sa part ambitionne de transformer en bio éthanol 3 millions d’hectolitres de vin de table et 100 000 hl de vin de qualité.
Environ 7,5 millions d’hectolitres de vin en surproduction ont dû être distillés en alcool par l’UE en 2005, ce qui a coûté 185 millions d’euros au budget agricole communautaire, selon les chiffres de la Commission européenne.
Cet alcool est ensuite revendu à des entreprises agro-alimentaires ou bien pour d’autres usages industriels.
Au total, la Commission dépense chaque année quelque 500 millions d’euros pour la distillation et le stockage du vin.
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Lancement de la réforme le 22 juin
Selon toute vraisemblance, « la Commission proposera des quantités et des prix plus bas » que ceux demandés par Paris et Rome.
Depuis deux ans, la France, l’Italie, l’Espagne ou encore la Grèce tentent de plus en plus souvent de bénéficier des mesures de crise mises en place par Bruxelles.
Selon un porte-parole, la multiplication de ces distillations de crise est « un bon argument pour la réforme » envisagée par la commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel. La commissaire « ne veut pas réduire le budget alloué à la viticulture», rassure-t-il, « mais l’utiliser plus intelligemment, en réduisant l’offre et en améliorant la qualité et le marketing du vin ».
C’est le 22 juin que Mariann Fischer Boel doit présenter son projet de réforme.