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Crise laitière Bruxelles reste inflexible face à la colère des producteurs de lait

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La colère des producteurs de lait est montée d’un cran à l’occasion du sommet européen les 18 et 19 juin à Bruxelles et du Conseil agricole le 22 juin à Luxembourg. Mais la Commission européenne a clairement indiqué qu’elle n’entendait nullement revenir sur la politique de libéralisation du secteur laitier engagée l’an dernier, laquelle passe par un relèvement progressif des quotas jusqu’à leur disparition début 2015.

Confrontée à un mouvement de grogne particulièrement intense dans son pays, la chancelière allemande Angela Merkel avait fait savoir avant le Conseil européen qu’elle voulait obtenir de la « souplesse » dans l’annulation des quotas. Mais les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se sont simplement mis d’accord pour demander à la Commission européenne « de présenter d’ici deux mois une analyse approfondie du marché indiquant notamment les formules possibles pour stabiliser le marché des produits laitiers ». Des « formules », selon le communiqué final du Conseil européen, qui doivent « respecter les résultats du bilan de santé de la Pac » aux termes duquel la suppression des quotas a été décidée.
A Luxembourg, Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, qui participait à son dernier Conseil agricole, a réitéré son scepticisme à l’égard de la décision de suppression des quotas. Les marchés laitiers « exigent, d’une manière ou d’une autre, que l’on appelle cela quota ou autrement, un système européen de maîtrise de la production ». M. Barnier a aussi plaidé pour une véritable « transparence des prix et des marges au niveau européen », afin d’en arriver à un « commerce équitable correctement rémunéré ».
Pour sa part, Mariann Fischer Boel, a fustigé les discours laissant croire que les quotas avaient encore un avenir. La commissaire à l’agriculture – qui a dit faire référence à un vieux dicton danois – a lancé : « Faire pipi dans sa culotte ça fait du bien sur le moment, mais c’est vite froid ». Mme Fischer Boel, qui a fait le point devant les ministres sur les mesures de soutien du marché laitier déjà en place, a indiqué qu’une proposition formelle pour étendre l’intervention publique sur le beurre et le lait écrémé en poudre au-delà du mois d’août devra être adoptée lors du Conseil agricole de juillet.
Par ailleurs, dans son dernier rapport trimestriel présenté aux ministres, la Commission souligne qu’il ne serait pas opportun de réactiver les régimes d’aides à l’incorporation de lait écrémé en poudre dans l’alimentation animale ou à la fabrication de caséines, compte tenu du niveau très bas auquel se situent les prix des poudres.

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