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Sucre/Transition Bruxelles réunit un groupe d'experts nationaux pour préparer la fin des quotas sucriers

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Discuter des possibilités et des défis au lendemain de l'abolition du régime des quotas de sucre de l'UE à la fin de septembre 2017: tel était le thème de la réunion conjointe du Groupe d'experts nationaux sur le sucre et du Groupe de dialogue civil (1) que la Commission européenne a organisée le 11 octobre à Bruxelles afin de préparer la transition vers la fin des quotas sucriers dans quelques mois.

A l'invitation de la Commission européenne, un groupe d'experts nationaux sur le marché du sucre s'est réuni le 11 octobre, conjointement avec le Groupe de dialogue civil composé des parties prenantes du secteur afin de discuter des possibilités et des défis de l'abolition du régime des quotas de sucre de l'UE à la fin de septembre 2017. Lors de son intervention, un représentant du ministère français de l'Agriculture a notamment indiqué que la fin des quotas de sucre constituera un grand changement et qu'elle représente un défi pour tous les États membres y compris la France, premier producteur européen de sucre.

Il a fait observer que dans le but de préparer l'après-quotas sucriers en France, un nouvel accord national interprofessionnel a été signé par les planteurs de betteraves et les entreprises en vue, d'une part, de réguler leur relation sur une période de trois ans (ce qui donnerait de la visibilité à tous les acteurs) et, d'autre part, pour valider un contrat-type pour l'achat de betteraves. Pour la période cruciale qui commencera avec la fin des quotas de sucre, le représentant français a affirmé qu'il sera nécessaire de surveiller de près le marché du sucre et celui de l'isoglucose.
Il a plaidé pour le maintien des indicateurs pertinents pour l'analyse de marché (productions, prix, bilan) afin de préserver la transparence du marché pour tous les acteurs et d'anticiper des potentialités sur les marchés. Last but not least, les outils mis en œuvre par la Commission européenne (rapports de marché et aide au stockage privé) devront être maintenus après septembre 2017.

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De son côté, un représentant du gouvernement polonais a fait part de ses préoccupations concernant l'avenir du secteur après la suppression des quotas en septembre 2017. Selon lui, il est nécessaire d'avoir « une discussion politique approfondie au niveau de l'UE en ce qui concerne le secteur du sucre dans la mesure où la réglementation déjà proposée n'est pas suffisante ». Il a estimé qu'afin d'éviter des difficultés similaires à celles  du secteur laitier, le système actuel des quotas pour la production de sucre devrait être maintenu. Le responsable polonais a plaidé pour le renforcement de la position des producteurs de sucre au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire par le biais de la mise en place d'accords obligatoires dans le commerce du sucre. Il s'est dit en faveur d'un débat sur les instruments de stabilisation du marché du sucre et a préconisé un atterrissage en douceur pour ce secteur. Les participants à la réunion ont également entendu un exposé d'un représentant l'Organisation internationale du sucre qui a affirmé que les prix du sucre de l'UE sont actuellement au-dessous de ceux du marché mondial et « qu'il existe certainement un éventail de possibilités sur le marché mondial pour le secteur européen pour augmenter les exportations dans les années à venir ». A la suite de ces échanges, le représentant de la Commission européenne a espéré que l'ensemble des participants a été « pleinement informé des règles techniques et administratives à appliquer au moment de l'abolition des quotas sucriers ainsi que de leurs conséquences et qu'ils seront en mesure de prendre les décisions nécessaires.

Quelle est la situation du marché attendue après 2017 ?

Dans ses perspectives à moyen terme, la Commission européenne estime qu'entre 2016 et 2025, la production de sucre dans l'UE devrait augmenter de 5 % à 17,7 millions de tonnes. Quant à elle, la production d'isoglucose triplerait en passant de 700.000 tonnes à 2,3 millions de tonnes. Les importations de sucre devraient être réduites de 3,5 millions de tonnes à 1,8 millions de tonnes et les exportations devraient augmenter de 1,3 million de tonnes à 2,5 millions tonnes. Dans ses perspectives à court terme, la Commission estime qu'en 2016/2017 la production de sucre atteindrait environ 17 millions de tonnes soit une augmentation de près de 14 % par rapport à 2015/2016.