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Agriculture locale Bruxelles s’intéresse aux petits exploitants et aux circuits courts

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La Commission européenne examine actuellement l’utilité de labels pour les petites exploitations et circuits courts et pour les produits de montagne, a annoncé le 20 avril le commissaire européen Dacian Ciolos aux journalistes, alors que se tenait le même jour à Bruxelles une conférence sur ces thèmes réunissant plus de 400 participants.

Le commissaire européen à l’agriculture – qui, avec son collègue chargé de la santé et de la politique des consommateurs, John Dalli, organisait une conférence sur l’agriculture locale et la chaîne d’approvisionnement alimentaire courte – a précisé devant la presse que deux études d’impact devraient être soumises par ses services, afin d’évaluer la viabilité de labels pour les petites exploitations et les circuits courts et pour les productions de montagne.
La question est de savoir si de tels dispositifs « pourraient apporter une valeur ajoutée dans le futur », a précisé Dacian Ciolos. « Peut-être n’est-il pas nécessaire de réguler, mais plutôt de favoriser une meilleure convergence des mesures actuelles », a-t-il ajouté.

« Mettre en valeur et soutenir »

En décembre dernier, des dispositions concernant une appellation « produit de montagne » et un nouveau régime pour les ventes directes des agriculteurs avaient été retirées du projet de la Commission européenne sur l’amélioration de la politique de qualité. Elles devaient encore faire l’objet d’une « étude d’impact détaillée », suivie éventuellement de propositions législatives. Les discussions sur le « paquet  qualité » étant aujourd’hui en cours entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen, les députés pourraient s’efforcer d’obtenir l’inclusion de telles dispositions.
La future Pac « doit mettre en valeur et soutenir cette approche », a estimé M. Ciolos, notant que plus de 15 % des exploitations de l’UE écoulent localement plus de 50 % de leurs produits.
Pour sa part, le commissaire à la santé a souligné la nécessité de « trouver un équilibre ». Il a rappelé que la législation communautaire en matière d’hygiène autorisait déjà des dérogations pour les petits exploitants. « Des adaptations sont essentielles pour permettre de la flexibilité, mais elles ne doivent pas compromettre les normes élevées », a insisté M. Dalli.

Adapter les règles d’hygiène

« L'avenir de petites communautés agricoles qui jouent un rôle vital dans la protection des zones rurales et les écosystèmes est en péril », a assuré pour sa part le fondateur et président de Slow Food International, Carlo Petrini. Il a plaidé pour « une vision plus holistique de l’agriculture ». Vice-président de la Confédération générale des coopératives agricoles de l’UE (Cogeca), Peter Vrisk a demandé de son côté « d’autres dispositions spécifiques au niveau de l’Union, particulièrement dans le domaine de la promotion et de la politique de développement rural » afin d’encourager les exploitants et les groupements de producteurs intéressés par les initiatives en matière de circuits courts.
Quant à Geneviève Savigny, représentante de la Coordination européenne Via Campesina, elle a préconisé des mesures pour « assurer la viabilité économique du secteur et renforcer sa visibilité ». Adapter les règles d’hygiène pour les petits agriculteurs est « essentiel », a-t-elle ajouté.

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